
Je donne ma langue au « chat »
(Prononcez « tchat’ »*)
J’avais un speed dating à huit heures. Il y avait du monde.
En attendant que ça commence, j’écoutais distraitement deux amies qui partageaient leurs dernières expériences. Au cours de leur dernière soirée, l’une avait eu un crush et l’autre beaucoup trop de red flags. Elles évoquaient aussi une autre copine qui avait trop le seum. Askip, au cours d’un after, elle avait souffert du male gaze de gros lourds et, du coup, elle était partie, carrément dég. « Mais nous ce soir, que du kif ! Deal ? » dit l’une « Deal ! Check ! » dit l’autre.
Je commençais à chanceler, niveau langue.
La réflexion de deux autres femmes derrière moi me laissa totalement perplexe. « Trop la flemme d’être belle ce soir » dit l’une. « De ouf ! » Répondit l’autre. Ah bon, c’était une question de flemme ? Mais même avec entrain et énergie, je n’avais vu aucune incidence sur mon physique.
Plus loin, un homme était chaud mais se plaignait à son voisin du look éclaté et trop casual des meufs, trop girly à son goût, et qu’il aurait voulues plus en mode staïle chantmé et plus dark, tu vois. Il espérait ne pas être ghosté, comme la fois précédente.
Je doutais de plus en plus.
Plus loin encore, une jeune femme espérait des bonnes vibes car elle était en mood chill, mais elle aurait aussi aimé retrouver un keum un peu chelou rencontré précédemment, mais qui était quand même un boss et qui avait du rizz.
Ça se compliquait vraiment.
Une femme, sans illusion, venait à la soirée, mais elle avait trop le goumin.
De surcroît, elle venait d’être kéblo dans le tromé et ressentait le besoin de se faire un bédo en despi.
J’hésitais encore. Je consultai en douce Google crad, pardon trad, mais le logiciel disjoncta, pardon bugga.
Beaucoup semblaient en tout cas d’accord sur le fait que la plupart des candidats étaient fake et faisaient du flex.
J’étais de plus en plus perdu.
En me regardant, une femme ricana assez peu discrètement et déclara à sa copine que j’avais du taff si je voulais me relooker et faire un peu hype. En tout cas, à leur avis, je ne risquais pas de chasser le buzz ou de slayer le test. C’est sûr, j’étais guezz.
Épuisé, je jetai l’éponge et décidai de rentrer chez moi sur le champ. J’allais regarder « L’amour est dans le pré ».
Vive le célibat !
*. Á une exception près, les citations sont authentiques. Elles ont juste été compilées et recontextualisées.




