• S’abonner à Rebelle(s)
  • Contact
  • Mentions légales
samedi 1 août 2026
  • Login
Rebelle(s) Mag
  • Accueil
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Société(s)
  • Littéraire(s)
  • Spécial Ukraine
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Qui sommes-nous ?
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Société(s)
  • Littéraire(s)
  • Spécial Ukraine
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Qui sommes-nous ?
No Result
View All Result
Rebelle(s) Mag
No Result
View All Result

Les indiens perdent toujours 1/3

Broken Arrow

Lionel Gerin by Lionel Gerin
5 octobre 2025
in Art(s), Cinéma(s)
0
Partager sur FacebookPartager sur Twitter
La Flèche brisée Delmer Daves 1950
La Flèche brisée Delmer Daves 1950

Broken Arrow / La flèche brisée, western de Delmer Daves – 1950

En juillet 1950 sort Broken Arrow, premier western de Delmer Daves. En septembre de la même année sort Devil’s Doorway, premier western d’Anthony Mann.

Coincidence? Quelque chose semble être dans l’air et le genre est peut-être mûr pour une nouvelle approche de la question indienne. Dans deux registres différents, Daves et Mann livrent deux films magnifiques qui marquent un vrai tournant dans le genre.

Daves en est à son onzième film en tant que réalisateur, mais il commencé sa carrière comme acteur en 1928, puis scénariste. Il a déjà tourné des films de guerre: Destination Tokyo, Pride of the Marines/La route des ténèbres, aussi bien que des films noirs comme Dark Passage/Les passagers de la nuit. Progressiste, ouvert, ayant lui-même vécu avec les indiens alors qu’il avait 22 ans, Daves voulait changer le regard du spectateur sur les “Native Americans”. Il choisit James Stewart, acteur populaire, dont c’est aussi le premier western.

L’histoire se déroule en Arizona (où le film a d’ailleurs été presque entièrement tourné, en décors naturels). Tom Jeffords, ancien soldat lassé de la guerre, se trouve en situation d’être le promoteur de la paix entre les Apaches, menés par Cochise, et l’armée américaine. Au cours de son ambassade, il tombe amoureux de Sonseeaharay, une indienne

La situation reste classique: le conflit blancs/indiens, mais on découvre ici le point de vue indien, et l’essentiel du film se passe en territoire Apache, même si le récit est raconté, vu par un homme blanc.

Dès le générique, les noms apparaissent sur des peaux (de bison?) où chacun reconnait immédiatement des dessins indiens. Le ton est donc donné. Daves veut faire un film où les indiens ne sont pas réduits au stéréotype alors en vogue, celui du sauvage sanguinaire. Il veut faire découvrir un peuple, ses coutumes et sa “réalité”.

Symboliquement, l’action démarre par la découverte d’un jeune Apache blessé. Les indiens américains sont en effet à l’époque littéralement “en mauvais état”, acculturés, délaissés, alcoolisés, sans emploi ni éducation. C’est vraiment une nation agonisante. Le héros, Tom Jeffords, n’aime pas les indiens, il s’en méfie. Pourtant, las de la violence, et peut-être en raison du jeune âge du garçon, il le soigne. Première surprise pour lui, ce garçon a une mère, qui pleure et qui s’inquiète. Il se pourrait qu’il soit humain! Assez vite, il est confronté à d’autres indiens mais est épargné pour son geste. D’autres colons de passage ont moins de chance et on réalise également la cruauté des Apaches envers ceux qui foulent leur territoire. Il ne s’agit donc point pour Daves d’être angélique, et de céder au mythe du “bon sauvage”.

L’action peut donc vraiment commencer.

Nous découvrons des rites, un mode de vie, une civilisation. Les rôles principaux sont tenus par des acteurs (Debra Paget et Jeff Chandler), mais de nombreux figurants sont de vrais indiens (1). Comme Tom Jeffords, le spectateur de l’époque peut changer de point de vue et ressentir de l’empathie.

L’histoire d’amour entre Tom et Sonseeaharay évoque immédiatement au spectateur américain celle de John Smith et Pocahontas, et permet de tirer le film vers le mythe. De plus, les personnages (et leurs interprètes) sincères, amoureux pour la première fois, ainsi que le ton lyrique de Daves, ont tout pour convaincre. Les paysages d’Arizona sont magnifiques et donnent de la grandeur à l’action. La beauté est toujours contagieuse.

L’apparition des indiens est une constante des westerns. Ils sont tapis, invisibles et ce sont leurs flèches que l’on voit en premier. Mais ils ne sont pas seulement cachés par sournoiserie, lâcheté ou pour des motifs belliqueux. Leur vision du monde (ce sont des panthéistes) les poussent à se fondre dans la nature, dans le paysage, en harmonie, à n’être qu’un maillon dans le cycle de la vie. L’homme blanc, lui n’a de cesse de dominer le paysage, tant il s’en sent le maître et le possesseur. Ses constructions en témoignent: châteaux, églises, villages, forts, tous perchés sur des collines. Il veut laisser un signe de sa présence/ puissance.

Au cœur du film, il y a également le problème de la parole donnée, de la confiance. Grand classique du western: le traité. Assez ironique et hypocrite quand on sait que sur les 400 traités signés au 19ème siècle, l’homme blanc n’en a pas respecté un seul. (source: Howard Zinn) Le traité mis à l’épreuve, il y a ceux qui passent outre, par bêtise, cupidité, esprit de vengeance ou d’insoumission. Chez les Apaches, Géronimo refuse le compromis et veut continuer le combat. Historiquement, Géronimo fut le dernier chef Apache à se rendre, en 1886, traqué pendant plus de 8000 hommes pendant plus de cinq mois. Chez les blancs, ce sont les racistes, les expensionnistes, les profiteurs et la foule brutale et stupide.

Ce qui est souligné dans le film de Daves, c’est l’amour et l’attachement profond des indiens à leur terre. Les indiens se battent, mais pour une cause, pas par simple sauvagerie. Sauvagerie retournée dans le film, car ceux qui veulent lyncher Tom pour “collaboration” avec l’ennemi, ceux qui “tuent l’amour” sont des blancs. Et devant le pessimisme final, devant le désespoir de Tom, c’est Cochise qui exige de redonner une chance à la paix, Cochise qui apparait comme une figure charismatique, un prophète aux pouvoirs surhumains (“Ne lui mentez jamais, ses yeux voient au fond du cœur. Il est plus grand que les autres hommes.”).

Daves montrent les indiens comme des gens dignes, fiers, aux préoccupations humaines et humanistes. La sincérité et (chose rare!) la tendresse qu’il insufflent aux scènes d’amour finissent de convaincre le spectateur.

Enfin, s’il est lyrique et se veut optimiste, il est aussi élégiaque. Il y a chez lui la conscience du “Paradise Lost”. Sachons-lui gré , tout comme à Cochise, d’avoir essayé de sauver ce qui pouvait l’être.

 

(1) Ce ne sont pas les premiers vus à l’écran. John Ford, par exemple, a engagé des indiens dès 1924 pour The Iron Horse.

Semaine prochaine :

Les indiens perdent toujours 2/3

Devil’s Doorway/La porte du diable – western d’Anthony Mann – 1950

 

Tags: analyse filmiqueAnthony Mannconquête colonialeDelmer Daveshistoire des Etats-Unis d'AmériqueLionel Gerinracismesociétésociétés amérindienneswestern
Previous Post

Les ferrailleurs de l’Everest

Next Post

Sur La Route : road books, road movies et road songs – Deuxième partie

Lionel Gerin

Lionel Gerin

Né à Roannes, Lionel Gerin est un poète publié notamment au Nouvel Athanor. Il enseigne et vit à Lyon. C'est un poète passionné de cinéma et de voyage.

Next Post
Raod movies and Road songs bagdad cafe

Sur La Route : road books, road movies et road songs – Deuxième partie

Please login to join discussion

Dossier Mélange des genres (cliquez ici)

IMG 3199 2
Dans les rues de Stockholm © Eric Desordre

Dossier Mélange des genres (cliquer ici)

IMG 3199 2
Dans les rues de Stockholm © Eric Desordre
Rares sont ceux qui méritent qu'on les contredisent
Ernst JüngerAphorismes
On ne s'approprie que ce qu'on a d'abord tenu à distance pour le considérer.
Paul Ricoeur
La vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se fait adieu.
Romain Gary
Il est vain de vouloir libérer la vie des mensonges de l'art.
Georges Bataille
La viande de boeuf est faite d’un subtil mélange d’herbe et d’air. Ne manger que ça, c’est être végétarien…
Paulo, végétarien jésuite
Les bêtes sont des personnes muettes
Un buronnier, vacher de l’Aubrac
Les gens exigent qu'on ait un métier. - Comme si vivre n'en était pas un - et encore le plus difficile !
Emil Cioran
Quand un philosophe me répond, je ne comprends plus ma question.
Pierre Desproges
On ne peut expliquer un paradoxe, non plus qu'un éternuement. D'ailleurs le paradoxe n'est-il pas un éternuement de l'esprit ?
Emil Cioran
Ce que je veux dire, c'est qu'elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n'ai jamais su où aller depuis.
Romain Gary
La nature et l'univers sont violents, mais pas cruels
Alejandro Jodorowsky
L'intelligence ne peut pas ouvrir un cœur fermé. Seul un autre cœur ouvert peut l'ouvrir.
Alejandro Jodorowsky
On ne peut savoir si l'homme se servira longtemps encore de la parole ou s'il recouvrera petit à petit l'usage du hurlement.
Emil Cioran
Ne dis pas tout ce que tu sais, ne crois pas tout ce que tu entends, ne fais pas tout ce que tu peux. Garde en toi un jardin secret.
Alejandro Jodorowsky
Je ne crois pas qu’il soit possible, même à ceux qui ont de grandes familles, de réussir s’ils n’unissent pas à leur talent naturel des qualités simples, solides, laborieuses, et surtout une légitime confiance dans le succès : il n’y a rien de tel en ce monde que de vouloir.
Charles Dickens
Accepter le seul risque raisonnable, celui de se dépasser.
Erri de Luca
L’art est une reconfiguration du champs des possibles
Jean-Louis Bischoff
Le destin de celui qui ne songe qu'à se mettre à couvert, c'est d'être survolé
Ernst JüngerAphorismes
L'homme le plus éclairé est le plus ébloui
Victor Hugo
Si tu veux arrêter de faire ce que tu fais, arrête d'être ce que tu n'es pas.
Alejandro Jodorowsky

Abonnez-vous à notre newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Rubrique(s)

  • 3 questions à…
  • Art(s)
  • Cinéma(s)
  • Classique(s)
  • Dossier du mois : Au secours !
  • Dossier du mois : Envers et contre tout
  • Dossier du mois : Infos, complotisme et vérités alternatives
  • Dossier du mois : L'art peut-il influencer le monde ?
  • Dossier du mois : L'espérance… aujourd'hui ?
  • Dossier du mois : L'Éveil
  • Dossier du mois : L'Humour… l'Amour ! Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?
  • Dossier du mois : L'Ironie – les poètes à l'attaque
  • Dossier du mois : La foire aux cons : toujours d'actualité
  • Dossier du mois : Le monde d'aujourd'hui est-il le même ?
  • Dossier du mois : Manipulés… manipulateurs ?
  • Dossier du mois : Mélange des genres
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Dossier du mois : Un chemin d'égarement
  • Edito(s)
  • Geekologie(s)
  • Hommage à Jean-Luc Maxence
  • Inclassable(s)
  • L'impertinence poétique
  • Le Mag papier
  • Les gonzoïdes de l'Apocalypse
  • Les grands entretiens rebelle(s)
  • Littéraire(s)
  • Mémoires Démasqués
  • Petites vignettes
  • Philo-spirit(s)
  • Politique(s)
  • Rock and Folk et Musique(s)
  • Société(s)
  • Spécial Ukraine
  • Théatre(s) – Spectacle(s) – Expo(s)
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Voyage(s)
interviews 1 scaled

Articles récents

  • Le Nouvel Hollywood (3/4) 31 juillet 2026
  • Patrick Balkany ou la Politique au service des Gens 31 juillet 2026
  • Il ne faut jurer de rien 31 juillet 2026
  • Les Beatles… Un cadeau des Dieux ? Quinzième partie 30 juillet 2026
  • Les Beatles… Un cadeau des Dieux ? Quatorzième partie 26 juillet 2026
  • Le Nouvel Hollywood (2/4) 23 juillet 2026
  • Le défilé du 14 juillet 23 juillet 2026
  • BNF, c’est Jurassic Park 23 juillet 2026
  • La lame bleue de l’outre-peine 23 juillet 2026
  • Le Balayeur 19 juillet 2026
  • Amour toujours 19 juillet 2026
  • Un cas de soumission magique 19 juillet 2026
  • Les Beatles… Un cadeau des Dieux ? Treizième partie 19 juillet 2026
  • Cauchemar 8 juillet 2026
  • Les Beatles… Un cadeau des Dieux ? Douzième partie 8 juillet 2026
  • La tasse athée 29 juin 2026
  • Georges Brassens 29 juin 2026
  • Le Pape, la gauche et l’entomologiste 29 juin 2026
  • L’art du mélange 21 juin 2026
  • Reflet A 21 juin 2026
  • Les Beatles… Un cadeau des Dieux ? Onzième partie 17 juin 2026
  • L’errance ou la mémoire du trottoir 12 juin 2026
  • 99% 12 juin 2026
  • Je donne ma langue au « chat » 12 juin 2026
  • Les Beatles… Un cadeau des Dieux ? Dixième partie 10 juin 2026

© 2026

Welcome Back!

OR

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In
RBLs
Gérer le consentement aux cookies
Nous utilisons des cookies pour optimiser notre site web et notre service.
Les cookies fonctionnels Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Qui sommes-nous ?
  • Le Mag Papier
  • Geekologie(s)
  • Littéraire(s)
  • Société(s)
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Art(s)
  • Cinéma(s)
  • Rock and Folk et Musique(s)
  • Théatre(s) – Spectacle(s) – Expo(s)
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Edito(s)
  • Inclassable(s)
  • L’impertinence poétique
  • Littéraire(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Voyage(s)
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Contact

© 2026

Ce site web utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site web, vous consentez à ce que des cookies soient utilisés. Visitez notre Politique de confidentialité et de cookies.
Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?