
Dans un salon de thé, j’ai connu une tasse à thé, une tasse athée.
Elle avait coutume de dire : « Le christianisme n’a jamais éveillé le moindre désir de foi en moi. Et pourtant, pendant des années j’ai essayé de croire, mais j’ai toujours été une mécréante de porcelaine, il faut que je me fasse une raison »
Les autres tasses ainsi que les feuilles de menthe disposées dans la cuisine du salon pour servir d’infusion priaient Dieu dès qu’elles sentaient que leurs jours étaient en danger, juste avant d’être ébouillantées. Elles voyaient leurs invocations incomprises par la tasse athée, qui se taisait, par respect pour ses colocataires dont elle savait qu’elles partageaient de réelles convictions religieuses.
Malgré sa tolérance envers les cultes chrétiens et autres religions, la tasse athée finissait sans cesse par se montrer indifférente aux termes cléricaux employés rituellement par ses camarades.
Pour la tasse athée, une messe est similaire au vacarme produit par un lave-vaisselle en état de marche quand les couteaux et les fourchettes s’entrechoquent sous la pression des jets d’eau.
Soudain, le propriétaire du salon de thé fit son apparition.
Quand il attrapa la tasse athée, elle lui brûla la main.
Il la fit tomber par terre.
Sa chute fut fatale et elle finit éclatée en mille morceaux au sol, pour avoir refusé de se faire manipuler par celui considéré comme le Seigneur du salon de thé, le boss.
Mattéo Vergnes 2026



