
Après le premier opus du Grand livre de la vie ou l’odyssée humaine mettant en scène la solitude, il est là question de folie. L’une va en effet rarement sans l’autre.
Le titre en est Le Choix de la folie. Comment se peut-il que le libre-arbitre entre ici en ligne de compte ? Le titre est-il un constat, une déploration, une revendication ? Peut-on choisir la folie comme on considère un habit au décrochez-moi-ça ? On ne vend pas de camisole de force par correspondance. La lecture nous en donne cependant des clés.
Le sous-titre se complète par rapport au premier ouvrage, et indique « Poèmes à dire et à crier ». Le poète Alain Marc crie son désespoir de la dépression. Est-elle passée, actuelle, constante, imaginaire ? Nous ne le savons pas de façon certaine mais l’auteur semble bien en pays de connaissance, l’enfance en bandoulière entre abîme et douleur. Nous sommes « plongés dans les eaux sombres ». Au fond brille un diamant noir.
À tort ou à raison, on ressent un balancement entre désir et aversion du sujet chez le poète. La folie lui est chère…
… Plus on voit les choses / en Noir / et plus on a l’impression / de voir Clair…
…et lui pèse…
… Les Médi / caments / sont toujours un / Poison / Insuffisant / L’Amour une lame / Émoussée / La Luci / dité une Corde / qui Casse si on la / Tend trop / Et la Volonté / Toujours une Vaine / Tentative…
Par l’excès, essayer d’en maîtriser les effets ?
Poussée / à Bout / C’est une sorte / de Rêverie / de Contem / plation / Elle Crée / la Notion / de Per / spective / Dans le paysage Réel / ou dans le pay / (y)sage / Mental / Où les Scènes / les Fi / gures / de la Mémoire / Prennent leur juste / PLACE/ …
Paysage réel, paysage mental… En janvier 2019, Rebelle(s) avait publié un numéro sur la psychiatrie. Entre autres points de vue contrastés sur le sujet, nous avions écrit un peu hâtivement à la lecture du psychiatre Edouard Zarifian (à part Charles Juliet, peut-il nous venir un auteur qui n’écrive pas un peu hâtivement ?) que nous étions tous des « jardiniers de la folie ». Alain Marc nous invite dans son jardin où il ne cultive pas que des ronces. À défaut de roses, on y trouve de l’aubépine, des ajoncs et du houx.
Des figures apparaissent, l’enfant, la mère, l’être aimé ; soi-même. Soi-même : y échapper ?
… Sortir / de son Cadre/ pour ne pas rejouer sans cesse / son Perso / nnage / …
La question de l’enfermement :
MAIS QUI ?/ Parle EN MOI / …
Et toujours la question du choix :
… Désir de Vie / ou de Mort / Qu’ai-je décidé / à l’Aurore / de ma / VIE ? / …
Cette succession de cris, pourrions-nous la faire nôtre ? Bien sûr. À bien y réfléchir, nous nous sommes laissés embarquer dans cette aventure qu’est la vie sans trop y trouver à redire, sans trop savoir où nous allions. Fous que nous sommes.



