
Ça s’est passé en 2013, au milieu de nulle part en Lozère. V. était un adolescent au moment où se sont déroulés les faits. Il se souviens de P. A., un homme tenant plus de l’animal que de l’humain qu’il surnomme aujourd’hui encore la bête du Gévaudan. Cette créature n’a peut-être pas fait coaguler l’hémoglobine de V. sur le chemin escarpé d’une forêt, non ! Le crime de ce monstre réside dans le fait qu’il a tué V. psychologiquement, le détruisant mentalement durant des années.
Cet homme était un faux ami de son père. Le premier soir où il a rencontré P. A. remonte à un vernissage que son géniteur avait fait dans un château transformé en centre d’art contemporain en banlieue montpelliéraine en 2010. Or, 3 ans plus tard, P. A. invite ses parents, son frangin et lui à passer un séjour dans sa résidence de Lozère. Ses parents campaient dans son jardin avec son petit frère. La chaleur de l’été faisait chanter les cigales. Quand à V., ne se doutant de rien, il avait voulu dormir dans la fraîcheur de la maison de P.A. Mais voici que les soirs venus, P.A. se métamorphosait en bête inhumaine, un tueur psychologique qui agressa sexuellement V. comme il a sans doute dû le faire à plusieurs jeunes avant lui dans un silence effrayant à côté de tous sans que rien n’en soit su. Innocent, V. l’étais, il était sous l’emprise de l’animal P.A assoiffé de désirs pervers . Alors, il s’est laissé faire à ses petits plaisirs démoniaques par les histoires de P.A. car avant de passer à l’action en mettant son sexe dans sa bouche, cette créature corrompue l’a appâté tel un chien en le réveillant de sa couchette plusieurs nuits d’affilées. Il réentend cette bestiole dépravée cherchant à le faire monter dans sa chambre en lui disant avec une voix douce d’agneau: «Lève-toi mon chéri! Nous allons jouer à un jeu de rôle. Dans ce jeu de rôle (exécuté à l’arrache, sans l’application d’aucunes règles établies), il jouait un consommateur de glaces. Cette mise en scène répétée aurait pu être bon enfant s’il n’avait pas été ce suceur de glace, prenant soin de comparer sa bite à une boule glacée à la vanille durant la fellation qu’il pratiquait sur lui. Si V. avais été africain, la bête du Gévaudan dont il a eu la malchance de croiser la route étant aussi par nature un raciste aurait certainement pris son zizi pour une crème brûlé au chocolat. Lorsque V. voulait prendre ses jambes à son cou, la bête du Gévaudan le plaquait d’un mouvement vif dans le lit de sa grotte surélevée. Bien que se comportant comme une brute par ses gestes avec le mineur qu’était V. à cette époque-là, la bête du Gévaudan l’a amadoué avec des phrases dignes d’un paternel: «Tu es unique, je t’adore» histoire de lui faire baisser sa garde sur son comportement inapproprié. Les moments où l’homme à tête de loup percevait que V. se méfiait, il se retransformait en agneau. De toute façon qu’il se change en agneau où bien en loup, P.A restait une ordure avec une bouche parfumé par le méfait obscène qu’il commettait. Mais V. a toujours aimé qu’on le complimente et il tombait toujours dans le panneau. Hélas, lorsqu’il était aux prises avec ce prédateur, sa naïveté l’aveuglait. Il se rendit compte seulement bien plus tard qu’il fut naïf et aveuglé par son ignorance d’adolescent. Tardivement il réalisa qu’il s’était fait manipulé par un animal diabolique qui tirait les ficelles d’un jeu de dupe avec lui. Il était devenu le pantin de cette créature aux crocs longs lacérés. Lorsque ses parents lui ont proposé de porter plainte et d’aller lui casser la gueule dans sa petite vie tranquille isolé au domaine du Méjean en Lozère, il a refusé par crainte de voir de la violence s’ajouter à de la violence. La violence ce n’était pas son truc et cela ne le sera jamais. Des années plus tard, ces moments de douleurs ressurgirent dans l’immensité de son cœur à force d’égrener ces souvenirs désagréables datant de l’époque où il était aux prises avec cette dépravée de bête du Gévaudan. Particulièrement lui est revenu en mémoire une suite d’images: la fois où P. A. l’a fait entrer dans sa baignoire et après avoir fermé le rideau de douche a pratiqué sur lui un attouchement sexuel qui aujourd’hui encore le choque.
V., durant son adolescence, a psychologiquement gardé pendant longtemps la cicatrice des crocs sales de P.A sur son âme. Aujourd’hui, il écrit ce texte aux allures de faux conte en introduisant la bête du Gévaudan, hier, un pédophile mettant le pénis de V. dans sa bouche d’adulte. Il écrit ce texte maintenant afin de livrer son témoignage sur une douleur toujours présente dans l’ombre de ce monde. Ce n’est pas facile de se confier à un psychologue de filigrane, une feuille blanche si pure. Mais le faire lui permet d’exorciser ses démons qui ont pendant trop longtemps hantés son esprit. L’écriture lui permet d’exprimer par écrit à l’heure où il rédige ces lignes ce qu’il n’a pas eu le courage de dire suffisamment à l’oral à ses parents depuis que ce sont déroulés les faits. Avec ce témoignage, il fait de l’acte d’écrire un cri déchirant le silence.
Il y a quelques années encore, il n’aurait pas trouvé la force d’écrire ce texte tellement cela lui aurait coûté de le mettre en forme. Il y a 5 ans, il a appris par hasard que l’animal P. A. ne sévissait plus en Lozère mais dans l’Est de la France, en Haute-Saône où parfois, je suppose, il doit muter en bête des Vosges lorsqu’il franchi la ligne bleue qui sépare les deux départements afin d’aller lécher les frissons innocents parcourant les couilles de ses nouvelles victimes.
Ce monde est plein de monstres et parfois ils sont juste à côté de nous, se dit-il en relisant ces quelques lignes.



