
Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé d’Alexandre Douguine, cet excellent pourfendeur de l’Occident décadent, considéré par certains comme l’une des éminences grises de la guerre en Ukraine, grand défenseur de la cause lumineuse du peuple élu de la vraie religion du Christ, j’ai nommé l’’orthodoxie moscovite, et de la Grande Russie.
Notre cher Douguine revient cette semaine avec un article passionnant sur ce qu’il appelle « Le pouvoir occidental en tant que système gravitationnel organisé autour d’un noyau caché, vers lequel convergent inévitablement toutes les trajectoires des élites ». Accrochez-vous ! Ce cœur de l’occident, ce centre gravitationnel vers lequel tendent tous les cercles de la société occidentale : politique, culture, médias, mode, cinéma, éducation, marchés, science, services spéciaux, en somme, tous les domaines, c’est le système « Epsteino-centrique ».
Le Centre de l’Occident
Oui, l’occident trouve la source de son pouvoir chez Epstein. Toutes les élites, pour Alexandre, n’ont qu’un objectif : atteindre le centre du pouvoir, le seul, le vrai, de l’occident : l’Ile d’Epstein. Le véritable succès, chez nous les gens de l’Ouest, n’est ni mesuré par l’argent que l’on gagne, ni par les titres que l’on porte. Non, il est mesuré par notre rapprochement du noyau vital de l’Occident, l’ile d’Epstein. Et la consécration finale, c’est l’acceptation dans ce noyau, l’invitation à visiter l’ile.
Alors, vous pouvez penser que c’est une image, destinée à illustrer métaphoriquement le déclin éthique de nos élites. Pas du tout. Pour Douguine, « le réseau Epstein n’est pas une anomalie périphérique ou un scandale tangentiel ; il s’agit du cœur fondamental, du noyau même, de la structure du pouvoir occidental. »
Alors, à ce stade, nous devons concéder que la propension de nos « élites » à se laisser attirer par le pouvoir, l’argent et/ou le sexe au détriment de la recherche du bien de chacun, tend à donner raison, à tout le moins dans un contexte métaphorique, à notre cher Alexandre. Le nombre de « personnes à responsabilités étendues » (j’invente l’expression ici pour les besoins du propos) que l’on retrouve dans les carnets d’Epstein, ou ses correspondances, est stupéfiant, affligeant, et révélateur d’une éthique défaillante, pour euphémiser (une question peut bien sûr nous tarauder : « Est-ce différent ailleurs qu’en Occident ? Est-ce différent en Russie ? » Diable non ! Mon Dieu si vous saviez ! LOL ! Mais c’est une autre histoire…). Certes, cela ne nous permet pas de dire que le réseau Epstein serait « le cœur gravitationnel » de l’Occident, mais cela permet certainement à Alexandre de titiller l’indignation légitime des individus pour pouvoir faire passer son propos. D’ailleurs, il le dit lui-même dans son article : « Nous devons parler du cas Epstein sans interruption. Cela contribue à créer un discours mondial qui met en lumière la corruption des élites libérales mondialistes occidentales et affaiblit leur pouvoir. Epstein EST l’Occident. »
Le Centre, c’est Satan
Mais son propos va plus loin. Epstein « est le noyau fonctionnel, le cœur auto-organisé, du système sociopolitique occidental actuel ». Toute « élite », viendrait-elle des milieux politique, artistique, scientifique, médiatique, du monde des affaires, de la criminalité organisée, etc., est inexorablement attirée vers le centre du monde occidental, vers l’ile d’Epstein. C’est de ce centre névralgique que tout est contrôlé. Et ce centre, c’est Satan.
Pour Douguine, le socialisme (le vrai, le russe, le bolchévique), c’était « ennuyant », c’était « mal », et il ne « l’aimait pas ». Mais « le capitalisme libéral occidental moderne est la véritable catastrophe. C’est bien pire. C’est Epstein. »
Et les protestants ?
Alors, Douguine ne s’alarme pas du fait que Epstein soit mort. Peu importe l’incarnation, Satan lui existe toujours. Pour Douguine, « si vous êtes convaincu que Satan n’existe pas, vous êtes déjà pris dans ses filets ». Et aujourd’hui, nous assistons à la phase terminale de quelque chose qui a commencé il y a bien longtemps, et donc les coupables ne sont autres que… « la Renaissance et le protestantisme ». Rien de moins.
D’où la véritable solution préconisée par Alexandre Douguine : « Le seul chemin pour sortir de l’enfer de l’Occident moderne est le retour à la foi chrétienne, à l’Église et à la Tradition sacrée. Zéro tolérance envers la modernité. »
Merci Alexandre, je me sens mieux maintenant que je sais d’où vient le danger, et que je vois mon avenir radieux sous la protection de la seule vraie religion, l’adoration du Patriarcat de Moscou, dont les soutanes noires, les longues barbes grises et les visages austères projettent la lumière céleste du Christ rédempteur sur les pécheurs epsteiniens que nous sommes. Je peux maintenant retourner sur mon île pour me reposer serein. Mon île ?



