
Le titre du nouveau livre du professeur Didier Raoult, rendu célèbre par la crise dite « Covid-19 », rend évidemment hommage au livre le plus célèbre de Guy Debord, d’ailleurs cité dans le livre, et ce n’est pas un hasard. Le sous-titre du livre, « Journal d’un complotiste », va encore plus loin : il est évident que depuis la disparition du célèbre théoricien et philosophe, nous avons basculé encore plus profondément dans une déréalisation d’à peu près tout : non seulement tout s’est éloigné dans un spectacle permanent ; mais, et cela est nouveau, tout est devenu factice, le faux ayant remplacé le vrai dans la totalité des médias oligarchiques, c’est-à-dire détenus par quelques milliardaires.
Son livre à peine publié, « ce qui devait arriver » est arrivé : les « décodeurs » (comprendre : « déconneurs ») du Monde ont publié un papier à charge que je me refuse de lire (je n’avale jamais de poison) plus loin que son titre : « Didier Raoult continue sa descente dans le conspirationnisme ». Et paf ! dans le mille, le capitaine Raoult (que l’écrivaine Claire Fourier a judicieusement comparé au capitaine Achab dans un texte publié par Les Cahiers de Tinbad en 2021, dans leur numéro 12) : Le Monde, financé à la fois par un État-devenu-menteur et la Fondation Bill & Melinda Gates (c’est de notoriété publique, et très facile à vérifier), n’aime pas trop que ça se sache : c’est un média corrompu et non libre : c’est surtout pas à dire, hein !…
Mais revenons à notre sujet principal : le livre, ce qu’il y a dedans. Le professeur y dialogue, dialectiquement, avec rien moins que : Guy Debord, Hannah Arendt, Husserl, Jean Baudrillard, Sénèque, Andersen et Karl Popper : « Si aucune expérience, aucun élément ne peut démontrer qu’une théorie est fausse, alors il ne s’agit plus d’une théorie, mais d’une religion » : ainsi peut-on envoyer, en sa compagnie, le confinement, les masques et autres pass « sanitaires » dans les poubelles de l’Histoire. Ayant écouté à peu près toutes ses vidéos « Les jeudis de l’IHU » pendant la crise « sanitaire », ainsi que la plupart de ses interviews depuis 6 ans, lu trois de ses livres, je crois juste de dire ceci : Raoult est le premier scientifique de notre temps, tant par l’ampleur de ses recherches scientifiques que par l’étendue de sa réflexion philosophique globale, qui accompagne tous ses dits et écrits. Quand l’on sait que la Terreur postrévolutionnaire en France décapita le plus grand scientifique français de cette époque, Lavoisier (« la Révolution n’a pas besoin de savants », « inoubliable » parole de Jean Baptiste Coffinhal avant l’exécution du célèbre chimiste), doit-on s’étonner que la France gouverné par l’auteur de Révolution (XO, 2016) l’ait fait passer pour un « charlatan » (sic) « complotiste » (re-sic) ? La réponse est non : la « révolution » n’est définitivement pas un dîner de gala !…
Je ne résiste pas à la tentation de citer un peu longuement le jugement du journal Le Monde sur le chef-d’œuvre de Guy Debord, In girum imus nocte et consumimur igni (le film), en mai 1981 : « Le malheur, c’est qu’il n’y a pas grand chose à découvrir. […] Un “jeune vieux” [sic] qui, surtout, ne veut pas devenir sage se penche sur son passé. Un bourgeois pleure pour les pauvres prolos. Folklore germano-pratin [le mot-insulte-suprême est lâché !] qui toucherait davantage s’il savait être drôle. Pavane pour l’amour déçu du cinéma, irritante parfois par la complaisance qui s’y étale à l’égard de son cher petit moi [re-sic]. Strictement réservé à la tribu, aux “paroissiens”. » Ma charité chrétienne me commande de ne pas révéler le patronyme de ce critique ; le lecteur curieux pourra le retrouver dans le chapitre « Ordures et décombres » du livre au titre éponyme de l’artiste en « Blanche » chez Gallimard. Dur dur d’être un penseur contemporain avec une telle brochette de « critiques » patentés !… De même que Guy Debord en son temps, Didier Raoult est lu tout à l’envers : les « journalistes » ne comprenant même pas l’ironie mordante de son sous-titre, et alors qu’en ces temps sombres pour la pensée, le minimum est de s’auto-infliger l’insulte à la mode : « complotiste », tout comme, en d’autres temps, il s’agissait de s’auto-qualifier de « nigger » ou de « pédale » (mais ça, c’était quand la littérature homosexuelle était encore subversive…) pour se moquer de ses adversaires. Qu’un journal qui se veut encore être une référence n’ait même pas compris cela ne laisse pas d’étonner…
Le constat du professeur est sévère : « La science est devenue aujourd’hui un domaine sur lequel tout le monde peut avoir une opinion et se définir lui-même comme expert pour servir d’“idiot utile” sur les plateaux télé et dans les journaux, en affirmant des choses que personne ne peut vérifier, et dont on découvrira un jour qu’elles sont complètement factices. » Un exemple parmi cent autres ? La « fameuse » (fumeuse !) toxicité de l’hydroxychloroquine qui avait été distribuée à plus de soixante millions de comprimés, sans ordonnance, rien qu’en France et pour la seule année 2019 : « L’association du Lancet Gate et de Recovery, qui sont deux études crapuleuses et ignorantes, a créé la notion factice d’une toxicité de l’hydroxychloroquine qui ne serait jusqu’alors jamais apparue, malgré des décennies, voire les siècles d’utilisation de la quinine (dont l’usage remonte à Louis XIV en France). » Le plus cocasse étant qu’un sinistre (pour « ministre ») de la Santé durant cette crise avait même fait sa thèse sur l’absence de toxicité de cette molécule sous 2 grammes par jour, avant que de perdre quelque peu la mémoire sous la pression des événements… (Lisez donc le livre en entier, si vous ne voulez pas me croire !) Continuer à citer la falsification du réel durant cette crise reviendrait à prouver qu’il fait jour, quand le soleil luit. Il faut accepter de le lire jusqu’au bout, très attentivement : « Mais vous voyez bien que l’empereur est nu ! » On nous a roulé dans la farine, de A à Z : tout (disons 99,99 %) ce qu’a écrit un journal comme Le Monde durant la crise Covid s’est révélé faux : un empire médiatique (entièrement subventionné) du factice !
Le point-clé, avant que de conclure cet article, de la pensée de Didier Raoult est sa dénonciation de l’idéologie quand elle prend le pas sur le réel et les faits, à partir de l’étude du célébrissime « cas Lyssenko » : ce technicien agricole russe refusa la théorie de la génétique car elle remettait en cause l’acquis au profit de l’inné, contrecarrant l’idée communiste que « l’environnement seul était déterminant pour les cultures agricoles », l’inné niant l’idée même de progrès comme la possibilité d’un homme nouveau. « Sa négation totale de la génétique, qualifiée de contre-révolutionnaire, s’expliquait par le fait qu’elle était l’œuvre de Grégoire Mendel (un moine) et de Thomas Hunt Morgan (un Américain), c’est-à-dire de deux ennemis du peuple. » Rappelons que cette histoire s’est très mal terminée puisque les expériences de Lyssenko, nommé par Staline président de l’Académie de sciences de l’URSS, se sont soldées par une famine dans toute une partie du pays, en particulier en Ukraine. Le lecteur lettré se souviendra ici qu’en Littérature aussi ce régime, sous l’égide de l’inénarrable Jdanov, déclara James Joyce illisible, car bourgeois (voir le livre, excellent, de Jean-Louis Houdebine, Excès de langage (Denoël, collection « L’Infini », 1984), pour de plus amples et mêmes complètes informations à ce sujet). Sic transit anus mundi.
Guillaume BASQUIN
P.S-. : Je n’ai pas la place ici de rapporter les nombreux autres sujets scientifiques ou sociétaux sur lequel le professeur excelle à ferrailler dialectiquement : l’évolution, la théorie du genre, l’alcool, l’histoire de climat de la Terre, la corruption, les essais en double-aveugle de Big Pharma, le Grand Bond en avant, etc. etc.


