
Depuis la Révolution, la France a vu naître et évoluer de nombreuses « familles politiques », chacune représentant des visions du monde distinctes. Cet ouvrage recense les 12 principales, parmi lesquelles les monarchistes, les républicains, les socialistes, les écologistes, les nationalistes et, plus récemment, les macronistes. À travers une métaphore familiale, l’auteur décrypte les alliances, les héritages et les scissions qui ont façonné l’histoire politique française. Alors que le clivage droite/gauche s’efface, comprendre ces familles permet de mieux saisir les dynamiques actuelles. Ce livre vise à éclairer le citoyen sur l’histoire, les idéologies et les partis qui forment aujourd’hui le paysage politique français (Extrait de la présentation du livre).
Le 14 novembre, nous avons rencontré l’auteur Denis Ferré chez lui, à Étampes. Vieille ville de l’Essonne chargée d’histoire, Étampes est située à mi-chemin entre Paris et Orléans. Pour un agrégé d’histoire, le lieu n’est pas anodin. Professeur de droit constitutionnel à la New York University, Denis Ferré est particulièrement versé dans les sciences politiques. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la politique française, son histoire et celle de nos institutions.
Denis Ferré est aussi marionnettiste. Pas ici de clin d’œil à la pratique de la politique elle-même et ses personnages souvent manipulateurs, ses Père-Joseph et son théâtre d’ombres. Non, Denis Ferré donne réellement des spectacles de marionnettes. Pendant plusieurs années, il est parti sur les routes en compagnie de Guignol et autres héros chers aux enfants, délaissant les commentaires sur la constitution de 1959 et les charmes cachés du 49.3. Le voici revenu pour parler de son dernier livre, le Guide des familles politiques pour citoyens perdus. Nous le sommes, perdus. Au-delà de son analyse qu’il souhaite la plus objective possible, Denis Ferré ne cache pas être séduit par la famille politique de l’écologie. Dans ce maquis, tentons toutefois de nous y retrouver grâce à Denis Ferré.
Éric Desordre – Quelle était ton intention de départ en écrivant ce livre ?
Denis Ferré – Quand j’ai écrit mon premier livre, La Démocratie française (1), je voulais brosser un tableau général assez complet qui aurait inclus les familles politiques, les familles de pensée qui ont traversé notre vie politique depuis la Révolution. Toutefois, cela ne pouvait pas tenir en une seul ouvrage et mon éditeur souhaitait une revue plus concise du sujet « démocratie ».
Dans mon enseignement de sciences politiques, je traite de l’histoire, des institutions, des partis politiques, de la participation citoyenne, etc. Nombre de mes étudiants sont américains, et c’est tellement différent de ce à quoi il sont habitués que la notion de courant politique, de « famille » pouvait avoir pour eux plus de sens que la simple analyse des partis. Cette interrogation initiale déclenchée par le regard étranger m’a incitée à écrire ce livre pour nos concitoyens. Il fallait rappeler que les familles de pensées existent, même s’il est souvent difficile de déterminer « qui est quoi ». La difficulté vient que les partis ne correspondent pas exactement à des courants de pensée.
Cela a bien sûr été le cas à un certain moment de l’histoire. Toutefois, depuis les années 1980 au moins, on assiste à une multiplication du nombre de partis, plus des mouvements que des partis, d’ailleurs. On ne compte plus les scissions, correspondant souvent à la personnalisation croissante de notre vie politique ; chaque prétendant à l’élection présidentielle crée son propre mouvement.
Il n’y a plus de concordance entre l’idéal politique et une organisation qui serait habité par cet idéal.
Prenons par exemple le parti gaulliste. Il y en eut un, au moins à partir de 1947. Depuis les années 80, il n’y en a plus, ou il y en a plusieurs, selon le point de vue qu’on adopte. Aujourd’hui, l’essentiel du personnel politique se revendique du gaullisme, même à l’extrême-droite qui a pourtant été fondé sur l’antigaullisme pur.
On pourrait aussi parler de l’idéal socialiste, il existe bien un parti qui s’appelle parti socialiste mais où il n’y a pas plus de socialistes qu’ailleurs. La France Insoumise est-elle une forme de socialisme ? La France Insoumise est une forme encore plus nouvelle puisque ce n’est pas vraiment un parti politique. Son organisation n’est pas structurée comme un parti. Encore un OVNI, ce qui permet d’y trouver des philosophies politiques très différentes qui arrivent à cohabiter. On peut constater que cela entraine une certaine efficacité.
Éric Desordre – S’il n’y a pas de contraintes idéologiques ou programmatiques, c’est « attrape-tout ».
Denis Ferré – C’est l’attrape-tout ; à gauche. Il y a bien une orientation, mais elle est portée par un nombre extrêmement restreint de personnes : trois ou quatre ! À contrario, dans sa forme classique, un parti politique est un rassemblement de personnes qui ont les mêmes idées et veulent agir ensemble.
Éric Desordre – Ce n’est tout de même pas si nouveau. Les dirigeants des courants du parti socialiste, avec ses haines recuites entre les personnages – Rocard, Chevènement, Deferre, Joxe et Mitterrand n’étaient pas de grands amis – ont toutefois reconnu le potentiel de victoire dans la figure d’un des leurs.
Denis Ferré – Il y eut un moment d’unité. Et avec, quand même, une orientation socialiste ou socialisante. Lors de la création du PS à Épinay en 1971, la Convention des Institutions Républicaines s’est agrégée au CERES, à l’ex SFIO et à d’autres courants et clubs.
Éric Desordre – Il y avait une appétence pour le pouvoir, la volonté de gagner dans le cadre des institutions de la Vème république. Ce n’est peut-être pas le cas aujourd’hui.
Denis Ferré – Je pense que c’est toujours le cas. Par exemple, LFI n’est pas stricto sensu une organisation politique de type « parti » mais a l’objectif premier d’arriver au pouvoir. Il est en cela en compétition avec les autres.
Éric Desordre – Quand tu constates l’inadéquation des familles de pensée et des partis, remonterais-tu à l’analyse de René Rémond dans son ouvrage majeur Les droites en France ? Dirais-tu qu’on peut appliquer les mêmes différenciations ? Pourrait-on évoquer le structuralisme en politique ?
Denis Ferré – En termes de familles politiques, l’analyse de René Rémond reste utile et valable. Les différentes droites analysées sont toujours là. La thèse est ancienne (1954) mais on retrouve les mêmes clivages avec la droite libérale et républicaine ; la droite légitimiste réactionnaire et contre-révolutionnaire ; et enfin la droite bonapartiste, plus césarienne avec son avatar qu’est le gaullisme. De même qu’à gauche on trouve les révolutionnaires, eux-mêmes collectivistes ou libertaires ; les libéraux qui respectent le schéma de la démocratie libérale et ne veulent pas toucher aux libertés fondamentales ; et enfin les jacobins républicains et laïques.
Avec les stratégies individuelles, tout ceci est toutefois brouillé. Le but du livre est de remettre l’église au milieu du village. Remettre de l’idée. Les personnes ayant remporté les suffrages du vote impriment leur marque sur la politique, même si elles sont tenues par les principes de leur organisation qu’est un parti. Les nuances peuvent être fines mais elles existent. Mes lecteurs me confirment leurs pertes de repères. Derrière les femmes ou les hommes politiques qui semblent manquer de conviction, on en trouve qui en ont encore mais qui ont bien du mal à les respecter car la scène est éclatée.
Éric Desordre – As-tu un exemple d’un politique avec une visibilité nationale dont tu dirais qu’il est coincé entre deux chaises, prônant une chose et étant obligé de faire le contraire de cette chose ?
Denis Ferré – On pourrait appliquer ça au premier ministre actuel (Sébastien Lecornu) qui semble plutôt être un gaulliste. Cela doit être douloureux, ce qui montre une capacité à aller au-delà de ses propres convictions dans l’intérêt général. On pourrait évoquer François Ruffin qui s’est fait élire député avec l’aide d’une toute petite organisation et a obtenu le soutien de tous les partis de gauche. Il a siégé avec LFI. Réélu, il siège désormais avec les écologistes. Je l’ai choisi dans mon livre pour illustrer une famille politique. Il m’apparaît comme fondamentalement social-démocrate. Chez LFI, il devait être malheureux. On lui reprochait de ne pas s’emparer de la question des personnes racisées, de rester sur un schéma plus classique, de considérer que toutes les inégalités sont d’abord et avant tout des inégalités économiques et sociales, d’être convaincu qu’en luttant contre celles-ci, on luttera aussi contre le racisme et on encouragera les avancées du féminisme.
Éric Desordre – LFI, par contre, étant plus dans une mouvance « wokiste » ?
Denis Ferré – Exactement. Ruffin est atypique dans son milieu et ne peut pas se retrouver au parti socialiste puisqu’il considère que le parti socialiste n’est plus socialiste et n’a plus rien de social-démocrate, ce qui est aussi mon point de vue. Les journalistes utilisent cet adjectif de social-démocrate à tort et à travers, ce qui ne contribue pas à s’y retrouver. On considère que la tendance sociale-démocrate à gauche est représentée par François Hollande ou Bernard Cazeneuve. Chez Renaissance, il y aurait même des socio-démocrates. En fait, il n’y a plus rien de social-démocrate dans les propositions de Renaissance ou du PS. Alors que François Ruffin coche presque toutes les cases. La social-démocratie a été abandonnée par ceux qui se réclament du socialisme, est détestée par ceux qui sont plus à gauche comme LFI. Ruffin essaye de faire vivre celle-ci.
Éric Desordre – N’a-t-on pas aujourd’hui plus de possibilité de trouver une orientation sociale-démocrate avec d’autres organisations que des partis, je pense en particulier aux syndicats ?
Denis Ferré – Je suis moins spécialiste des syndicats que des partis politiques. Toutefois je pense que ce ne sont pas les mêmes objets. Il est difficile de les comparer car le parti politique est par définition en compétition pour le pouvoir alors que ce n’est pas le cas des syndicats. Même s’il existe des familles de pensée au sein des syndicats, même si on trouve des liens avec les partis politiques, le syndicat ne peut se substituer au parti. Leurs rôles sont différents.
Éric Desordre – Je vais exprimer ma question différemment : cette décorrélation entre idées et organisations, constatée dans les partis, la retrouve-t-on aussi dans les syndicats ? Bien que ne cherchant pas à diriger un pays mais à modifier les rapports sociaux entre les employés et les employeurs, ce sont aussi de grandes organisations au sein desquelles les tendances s’opposent, finissent par se rejoindre et débouchent sur un programme.
Denis Ferré – On y retrouve en effet des divisions entre les options. Une, majoritaire, finissant par s’imposer. Les syndicats, à partir des années 80, ont subi les mêmes évolutions de division, de scission, de fragmentation que les partis politiques, avec un décalage dans le temps. Par exemple, de la création de Sud, on peut établir un parallèle avec l’apparition de LFI. Sud est un syndicat, et aussi « autre chose ».
Éric Desordre – Avec des phénomènes comme la désindustrialisation du pays et la disparition du monde ouvrier, l’augmentation du nombre des cadres, les syndicats ont changé. Mon propos n’est pas d’introduire le syndicalisme dans l’éclairage de ton livre, mais de souligner que c’est la société toute entière qui a changé et se trouve en perte de repères, et pas seulement en politique.
Denis Ferré – Bien sûr. La perte générale de repères est patente. Les partis politiques et les syndicats représentent très peu de Français au sens des adhérents et des votants. La syndicalisation est plus élevée dans le secteur public ou au sein de certaines catégories de salariés mais, malgré tout, son poids démographique est faible. Il y avait jadis le sentiment d’être représenté. Ce n’est plus le cas. L’individualisation de la société est forte.
Desordre – Quand tu discutes avec les élus du monde politique, trouvent-ils des raisons sociologiques, historiques qui expliquent cette décorrélation entre idées et organisations, cette perte de repères idéologique ou culturelle ?
Denis Ferré – Revient souvent – mais c’est l’arbre qui cache la forêt – l’évocation de l’explosion des réseaux sociaux. La perte de crédibilité des politiques serait due à l’illusion des utilisateurs de ces réseaux qui prétendraient pouvoir trouver seuls leur chemin, chercher la vérité, voire même détenir la vérité. « Nous n’avons pas besoin d’untel ou untel pour être éclairés ». Le citoyen tombe dans le biais de confirmation, trouve vite ce qui le conforte dans ses idées et néglige ce qui devrait le faire s’interroger.
Éric Desordre – Cette explication est-elle complète ou accélère-t-elle un processus déjà existant sociologiquement ?
Denis Ferré – Il y a bien une accélération mais d’autres phénomènes entrent en jeu. Les politiques se gardent bien de parler publiquement de la mondialisation et de l’européanisation qui entraînent une impuissance du politique au niveau national. Les citoyens ont du bon sens et en sont conscients, le ressentent même si cela n’est pas théorisé. Cette impuissance dévalue le responsable politique, l’élu, le gouvernant. Il est dit que l’on élit des représentants. Or, dans la démocratie actuelle, on élit plus des gouvernants que des représentants. Et en ce moment, nos gouvernants n’ont même plus les manettes.
Éric Desordre – « Gouvernants » qui sont obligés de composer avec des représentants, quitte à ce qu’il n’en sorte pas grand-chose pour l’instant…
Denis Ferré – Alors même que le principe de la Vème République était d’élire des gouvernants plus que des représentants… Les gouvernants n’ont plus la main, et cela date de bien avant l’apparition des réseaux sociaux numériques. La doxa néo-libérale et le quasi ultra-libéralisme mondial qui s’est imposé à partir des années 80 ont largement contribué à la situation actuelle.
Éric Desordre – C’est donc plus une problématique civilisationnelle que simplement sociologique ?
Denis Ferré – Pour moi, oui. En Europe, le phénomène est grossi par l’Union Européenne, en particulier à partir de Maastricht. L’UE institue l’ouverture des frontières, facilite la circulation libre des capitaux, accélère la diminution ou la suppression des taxations.
On parle de la taxe Zucman. Le problème est technique et je ne prétends pas connaître de conséquences inéluctables en cas de mise en place de celle-ci. Mais on peut se poser des questions et se demander si les capitaux ne pourraient pas fuir du pays sans conséquences pour leurs détenteurs, car le système mondial est tellement ouvert ! Cela procède de l’internet et la dématérialisation des capitaux.
Prenons le traité du Mercosur. Emmanuel Macron y était initialement opposé puis s’y est rallié, contre l’avis du monde agricole. Mais il n’a tout simplement pas la main ! Ce n’est pas pour accabler le personnage , quand bien même je ne le porte pas dans mon cœur…
Éric Desordre – Il tend beaucoup de bâtons pour se faire battre.
Denis Ferré – Voilà. Il est la victime, certes consentante, de l’époque. Ses revirements successifs contredisent ses discours dans lesquels il tente de convaincre qu’il décide. A chaque fois, cela se dégonfle. Comme il a un sens de la rhétorique bien huilé, il va indiquer « qu’il na jamais dit ceci, qu’on a mal compris cela, qu’il fallait le comprendre ainsi… »
Éric Desordre – Il fait du trumpisme soft.
Denis Ferré – Exactement. Le récent livre de Clément Viktorovitch intitulé Logocratie (2) le démontre brillamment même s’il n’utilise pas ces termes. Pour les citoyens, c’est horrible, c’est terrible. En fait, Emmanuel Macron et les macronistes se sont présentés comme des anti populistes, des anti Trump, des anti aventures du type Brexit, des anti extrême droite, etc.
Éric Desordre – On peut les suivre en termes d’idées et de valeurs mais ça ne vaut plus rien quand les discours et les actes sont en contradiction. Constatant les revirements permanents, le raisonnement des citoyens peut finir par être : « autant se pencher vers l’extrême gauche ou l’extrême droite qui n’ont certes pas encore démontré leurs capacités, mais pas non plus leurs incapacités ». Si d’aventure l’extrême droite arrivait aux manettes en France, embarquant tous les opportunistes de la droite « classique » au passage, elle se retrouverait devant les mêmes problèmes, pratiquerait les mêmes revirements, et à une cadence d’autant plus rapide que le corpus idéologique y est faible.
Denis Ferré – L’extrême-droite est historiquement très divisée, rassemblée par un clan qui a prospéré dans une opposition permettant de ne pas mettre les mains dans le cambouis. Cela s’est développé, avec l’impuissance des gouvernants qui pensaient que l’économie était reine, que le commerce allait apporter la prospérité et faire le bonheur des gens. Ce n’était donc plus la peine de faire de la politique… Cela a créé le RN, mais aussi Macron ! Devant le vide, il proclamait qu’il pouvait rassembler les citoyens aussi bien à gauche qu’à droite.
Éric Desordre – Il pouvait passer pour le haut fonctionnaire compétent, pur produit de la méritocratie à la française, capable d’aller au-delà des idéologies, de prendre le taureau par les cornes et d’imposer des solutions dans l’intérêt général…
Denis Ferré – Je pense que les idéologies vont revenir en force, en tout cas que les familles de pensées ont de beaux jours devant elles. Bien sûr pas comme avant, mais le vide représenté par Macron démontre qu’on est arrivé au bout du système.
Alors, on peut être européiste et penser qu’une vraie politique doive être pilotée à l’échelle européenne, être nationaliste et souhaiter que ce soit à l’échelle de la France que la politique soit menée. Certains pensent que c’est la région qui est le bon étage d’impulsion et de réalisation. À débattre, mais le changement va se produire.
Éric Desordre – Dans ton livre, tu prends pour chaque famille d’idées un personnage politique qui d’après toi la représente le mieux. Il y a des surprises. En exemples, pourrais-tu évoquer certains de ces personnes et leurs valeurs qui ne déstabiliseront probablement pas nos lecteurs, et d’autres dont l’évocation pourra surprendre ?
Denis Ferré – Un, qui n’est toutefois pas dans mon livre, est Dominique de Villepin. Il est en effet un peu à l’écart de la vie politique. Pas député, pas encarté.
Éric Desordre – L’histoire politique de notre pays est pleine de surprises… François Mitterrand était politiquement mort en 1968, il a été élu Président de la République en 1981.
Denis Ferré – Macron était inconnu et il a été élu également… Depuis l’écriture de mon livre, Dominique de Villepin a fondé son parti politique, ce qui est un classique, avec la prétention de compter en 2027. Il est donc de retour dans les médias. De plus, la situation internationale le porte puisqu’on ne peut que lui reconnaître en la matière une dimension et une expérience sans égale.
Éric Desordre – Il a une dimension gaullienne.
Denis Ferré – Il coche presque toutes les cases. J’avais écrit un article à son sujet pour LinkedIn intitulé « Une résurgence du gaullisme ? » J’ai lu ses récentes déclarations qui ne sont que peu détaillées mais il est bien dans cette filiation. Sa position sur la guerre à Gaza est très équilibrée, en même temps assez sévère vis-à-vis du gouvernement israélien. Une attitude identique à celle qu’a pu, en son temps, avoir le Général de Gaulle.
Donc pour lui, pas de surprise.
Autre personnage qui ne provoquera pas d’étonnement, c’est Éric Zemmour. Il est pour moi le représentant de la droite nationalise identitaire. En comparaison avec Marine Le Pen, je le trouve encore plus représentatif de cette famille d’idées. D’abord pour la raison décrite un peu plus tôt, qui est que le Rassemblement National part dans tous les sens, n’a pas de corpus idéologique stable et rassemble, justement, un peu tout ce qui rejette « le système » sans d’ailleurs être capable de définir ce dernier. Marine Le Pen ne me paraissait pas assez représentative de cette droite classique, xénophobe, qui fonde la nation sur une idée identitaire, certes de traditions et de coutumes, mais surtout imprégnée d’une « racialisation » de l’identité.
Éric Desordre – Au-delà du « roman national », le sentiment « qu’on est tous des gaulois »… en faisant fi des dizaines de millions de français dont les parents sont venus d’ailleurs au cours des siècles.
Denis Ferré – Oui, un tel représentant aurait aussi pu être Philippe de Villiers.
Plus surprenant est François Ruffin, dont on a déjà parlé, représentant bien la social-démocratie à mes yeux. Ce qui m’a orienté est qu’il s’est déclaré comme tel il y a quelques années. J’ai d’abord pris cela pour une auto-proclamation. Puis j’ai analysé ses déclarations à la presse, ses discours, ses positions à l’Assemblée nationale. La question principale pour lui est celle du travail. Il ne considère toutefois pas les rapports entre capital et travail dans une perspective révolutionnaire.
Éric Desordre – Il aurait une analyse marxienne et pas marxiste.
Denis Ferré – Je le pense. Ses solutions proposées sont basées sur l’intervention de l’État, l’État dans sa dimension sociale, l’État providence qui corrige les inégalités. En partant de ce postulat qu’en améliorant les conditions économiques et sociales, on guérit ou au moins contribue largement à guérir les maux de la société, tels que le racisme, la violence, le sexisme, la dérive scolaire, etc. C’est parfaitement la social-démocratie, dans l’esprit et le programme.
Certains estiment que Ruffin est un excité d’extrême gauche, dont beaucoup de journalistes politiques médiocres – mais c’est un pléonasme – qui penseraient à Strauss-Kahn comme représentant de la social-démocratie, mais pas à Ruffin. C’est un contresens, ou les mots n’ont plus de sens. Même à gauche, on ne sait plus placer quelqu’un comme Ruffin, c’est « le type un peu bizarre »…
Éric Desordre – J’imagine qu’il s’est lui-même qualifié de social-démocrate, ce devrait être à la suite d’un travail de réflexion ; il n’est pas là en train d’essayer de préempter un créneau afin de jouer aux attrape-tout.
Denis Ferré – Je le pense, ce que je précise dans le livre. S’être déclaré il y a trois ou quatre ans de cette obédience politique n’était pas à la mode, ne l’est toujours pas. Soit on pense que c’est vieillot, soit on n’en a jamais entendu parler. Ce n’est pas « porteur » électoralement. La démocratie est en perte de vitesse et au sein de la gauche, dont il fait partie, il est traité de social-traître. Il dénonçait ses camarades socialistes en les apostrophant : « contrairement à ce que vous prétendez, vous n’êtes plus socio-démocrates ; je le suis plus que vous. Et voilà ce que je propose… » Ce très mauvais marketing plaide au moins pour sa sincérité…
Éric Desordre – Une telle dénonciation n’est-elle pas non seulement celle de l’abandon de la social-démocratie, mais aussi celle des classes laborieuses ? Je veux dire celles qui « se lèvent tôt le matin », selon une expression qui a fait flores. En particulier les personnes habitant dans les périphéries urbaines, des classes moyennes qui se sentent en voie de déclassement avec des coûts et des temps de transport qui augmentent, un immobilier hors de prix, des banques qui ne prêtent qu’à ceux qui n’en n’ont pas besoin, les salaires qui ne suivent pas, des médecins introuvables, des écoles insécures, etc.
Denis Ferré – C’est bien ce que, d’après moi, le PS a abandonné.
Éric Desordre – Aurais-tu d’autres personnages à évoquer ?
Denis Ferré – En écrivant mon livre, j’ai fait quelques contorsions à propos de celui qui me vient à l’esprit, et Dominique de Villepin n’était pas encore redevenu « visible ». Il s’agit de Nicolas Dupont-Aignan, pour représenter la famille des idées du gaullisme. Dupont-Aignan est un néo-gaulliste. Il a fondé son propre parti, il s’est déjà présenté à la présidentielle.
Éric Desordre – Il adopte une démarche d’homme providentiel.
Denis Ferré – Voilà ; souverainiste, voulant redonner sa splendeur à la France, agonisant l’Union Européenne qui détricoterait le pays, etc.
Éric Desordre – On aurait pu dire de même à propos de Chevènement.
Denis Ferré – Oui, sauf que ce dernier est de gauche. Et de Gaulle n’était pas marxiste, alors que Chevènement l’a été. Dupont-Aignan est totalement éloigné de ça. Mais en 2017, Dupont-Aignan a exécuté un revirement qui m’a surpris – je peux être naïf ! – pour un « gaulliste ». Après avoir fait 4% des suffrages à la présidentielle, il a négocié avec Marine le Pen pour obtenir le poste de Premier ministre si elle était élue Présidente au deuxième tour. Et ils ont fusionné les programmes !
Éric Desordre – Ce qui est surprenant de la part d’un gaulliste revendiqué. Pour l’extrême-droite, Charles de Gaulle a été la bête noire pendant des décennies ; de Vichy au poujadisme en passant par l’indépendance de l’Algérie et l’OAS.
Denis Ferré – Malgré cela, j’ai quand même choisi Dupont-Aignan. Il a eu une démarche de gaulliste authentique, mais tout a changé en 2017. Ce revirement en lui-même n’est pas gaulliste car c’est un reniement. Il tente de l’expliquer lui-même en disant « Le Rassemblement National, ce n’est pas le Front National ; Marine Le Pen n’est pas son père. Une mue s’est effectuée, le RN est maintenant plus proche de mes idées. Donc on peut y aller. » C’est de l’opportunisme pur ! Toutefois, il est vrai qu’il y a débat public quant à la nature du RN. Est-elle différente de ce que cette extrême-droite a été, c’est-à-dire xénophobe, etc. ? La question est débattue. Des députés RN évoquent de Gaulle et s’en réclament. Ce n’était pas le cas avant.
Éric Desordre – Il n’est pas impossible que la recomposition politique ait aménagé un glissement des droites de gouvernement vers le RN, celui-ci remplaçant la totalité de la droite modérée ou bon teint, dite de gouvernement, de jadis.
Denis Ferré – Oui, en absorbant la droite bonapartiste, une partie de la droite libérale et la droite légitimiste. Le RN a cette capacité, car ils sont en effet attrape-tout.
Éric Desordre – Certains membres des LR conseillent Jordan Bardella. Ils arguent que le RN finira par arriver au pouvoir, et compte-tenu du fait qu’il manque de cadres de haut niveau – que le FN a longtemps été incapable de retenir – et que ses dirigeants n’ont aucune expérience de gouvernement, il vaudrait mieux les préparer et les aider à assumer le pouvoir plutôt que voir le pays s’effondrer. On peut y voir là une argumentation jésuitique ou un cynisme assumé.
La politique est aussi une dynamique de systèmes. Sans vouloir comparer l’ascension du RN au nazisme, bien sûr – il s’agit d’un autre temps, d’autres hommes, d’autres circonstances -, on oublie trop souvent que le nazisme n’est pas arrivé au pouvoir tout seul, n’a pas été élu grâce à ses seuls « mérites » supposés par les électeurs. Il a été poussé par le centre qui, discrédité, pensait pouvoir le circonvenir et faire d’un Hitler populaire sa marionnette.
D’autres personnages ?
Denis Ferré – J’ai en magasin ! La représentante de la famille de pensée écologiste : Martine Tondelier. Elle est actuellement responsable de ce mouvement, même si j’aurais pu évoquer d’autres acteurs. Cette personne vient de faire irruption. La campagne des législatives de 2024 l’a rendue visible médiatiquement. Son rôle dans les négociations ayant présidé la constitution du Nouveau Front Populaire a révélé ses talents de négociatrice et de conciliatrice. Or l’écologie est aussi une famille extrêmement éclatée, « Les Verts », puis « Europe Ecologie Les Verts », puis les quatre qu’on peut compter aujourd’hui… Martine Tondelier représente seulement une des tendances de l’écologie, est dans la ligne de Yannick Jadot qui l’incarnait auparavant, un courant plus pragmatique, réaliste. Mais elle se distingue quand même du fait qu’elle cherche à sortir de l’écologie « punitive ». Il y a eu les Gilets jaunes entre temps !
Éric Desordre – Et les Bonnets rouges…
Denis Ferré – Cet argument d’opposition à une écologie dite punitive est majeur à droite et à l’extrême droite. On ne va plus se chauffer, on va payer des taxes sur le gazole, etc. Tondelier développe un discours positif sur l’écologie en mettant en avant la création d’emplois induits, les nouvelles technologies qui vont être le moteur de la croissance de demain, etc. Elle se concentre sur des projets concrets, va sur des terrains qui étaient auparavant traditionnellement labourés par la gauche : le prix des logements, celui de l’énergie. Elle essaye de promouvoir l’écologie comme pouvant dégager du pouvoir d’achat. Son argument : si l’Etat jouait son rôle d’aide à l’isolation des habitations, on diminuerait les dépenses de chauffage, on augmenterait la situation financière des Français, ce qui serait bon pour la croissance du pays, etc.
Éric Desordre – Cela apparait comme relativement réaliste.

Denis Ferré – Et cela peut séduire les entrepreneurs. Si on aide les Français, les carnets de commande vont se remplir, les entreprises vont pouvoir embaucher. Elle met en avant des arguments simples, de bon sens sans sacrifier au négativisme. Réduire une Prim’Renov comme le fait le gouvernement apparait comme contre-productif à terme pour ce qui est de l’équilibre des finances publiques. Qui plus est, ces aides sont actuellement d’une complexité sans nom pour l’obtenir. Ce courant-là est moins marqué à gauche que des écolos plus « woke », comme Sandrine Rousseau par exemple, mais se rapproche de François Ruffin. Rapprochement volontaire ou non, tactique ou non, il y a des convergences.
Je suis peut-être naïf mais je prête plus de sincérité que beaucoup aux femmes et aux hommes politiques. J’en prête à cette femme et trouve cela rafraîchissant. Elle assume d’être à la fois rationnelle et proche des gens, d’être préoccupée par ce que l’économie fait peser sur les citoyens.
Ces convictions politiques écologistes peuvent aussi faire écho à ce que porte le Parti Communiste, mais il y a des divergences fortes comme leur positions respectives vis-à-vis du nucléaire, ou leurs visions industrialistes ou pas de la société.
Éric Desordre – Ce serait une vision réaliste et volontariste de l’écologie, plutôt que de rester dans les vœux pieux et la stigmatisation ?
Denis Ferré – Oui. C’est une des raisons selon moi de l’échec relatif des écologistes en France en politique, contrairement à ce qui se passe en l’Allemagne, où existe une culture du compromis.
Éric Desordre – Ou tout simplement reconnaître les éléments d’un rapport de force politique, ce que les écologistes français ont semble-t-il eu du mal à identifier. On ne balance pas des bulles papales pour excommunier tout le monde quand on n’a que trois personnes derrière soi.
Denis Ferré – Tu manques alors de crédibilité.
Éric Desordre – « Tu t’exclues toi-même ! »
Denis Ferré – Les écologistes ont une sainte horreur du pouvoir, qui est corrompu et corrompt. La création fréquente de chapelles explique cela. Dans les élections sans enjeux, ça marche un peu, c’est plus difficile dans les grandes mairies, mais cela commence en peu, à Grenoble, Lyon…
Éric Desordre – Avec ces expériences, ils vont acquérir une culture de gouvernement.
Te viens-tu un autre personnage à évoquer ?
Denis Ferré – Je peux parler de Fabien Roussel du Parti Communiste. Il est indéniable qu’il y a une famille de pensée communiste. Comme mon livre est un livre sur la démocratie, c’est délicat d’intégrer une famille de pensée qui a enfanté Staline.
Éric Desordre – Tu parles de la démocratie en France. Or les communistes appartiennent depuis longtemps au paysage politique français… Ce n’est pour autant pas un brevet de démocratie.
Denis Ferré – Bien sûr, dans mon livre, se trouvent les familles de pensée qui ont combattu la république. J’y ai mis les communistes ; ce qui, il est vrai, est critiquable. J’ai un peu hésité car ils jouent le jeu de la démocratie parlementaire tout en proclamant officiellement qu’il veulent la dézinguer ! Historiquement, ils vont finir par gagner des mairies, un communisme municipal s’est mis en place, dans le concret du quotidien des gens.
Éric Desordre – On ne peut pas non plus ne pas tenir compte de la Résistance et du rôle très important qu’y joua le Parti Communiste à partir du déclenchement de la guerre de l’Allemagne contre l’Union Soviétique. Le PC y gagnant une légitimité nationale bien plus large qu’avant-guerre, prégnante dans toute la période de l’après-guerre.
Denis Ferré – Les communistes sont devenus compatibles avec la république, se sont en quelques sortes « républicanisés ». Donc mon choix de Fabien Roussel comme représentant de cette famille de pensée était assez évident, même si l’histoire est passée par là et que beaucoup de choses ont changé. Je passe Fabien Roussel au grill et m’interroge sur ce qu’il reste de communiste.
Éric Desordre – Les familles de pensée évoluent avec l’histoire et les changements de la société.
Denis Ferré – Oui, alors quels sont les invariants du parti ? Le souverainisme, même s’il est mâtiné d’internationalisme. Maurice Thorez lui-même parlait de communisme « à la française ». Autres invariants : le patriotisme économique, le sens de l’intérêt général, l’industrialisme car la classe ouvrière française dépend de l’industrie, une confiance dans la technologie et la science. Un exemple de ce tropisme scientiste étant le nucléaire. Alors que la science est attaquée et que d’aucuns prônent des vérités alternatives, c’est une position ferme.
Éric Desordre – Plus encore que le « technologisme », on peut évoquer le rationalisme.
Denis Ferré – Exactement, et au-delà de la classe ouvrière d’hier, la primauté du salariat. Les « ouvriers » d’aujourd’hui, ce sont les caissières, les aides-soignants, le personnel des centres d’appel, les chauffeurs, le personnel de service dans les EHPAD, les vigiles, les gardiens et les personnes s’occupant de sécurité.
Éric Desordre – Dans les usines, les ouvriers sont beaucoup moins nombreux, sont maintenant des techniciens hautement qualifiés, souvent diplômés. On peut cependant être hautement diplômé et faire partie de cette nouvelle classe ouvrière, comme les jeunes intermittents du spectacle, en bas de l’échelle.
Denis Ferré – Nous avons évoqué Ruffin, Tondelier et Roussel pour la gauche, et pour la droite Zemmour, Dupont-Aignan et – rapidement car il n’est pas dans mon livre – de Villepin.
Éric Desordre – Pourquoi n’avais-tu de même pas retenu Marine Le Pen dans ton livre comme représentante d’une famille de pensée à l’extrême droite ?
Denis Ferré – J’avais quelqu’un de plus représentatif, qui cochait toutes les cases de la famille nationaliste. C’était Éric Zemmour. J’ai donc vite choisi car le livre a des visées de clarification, se veut plus pédagogique que d’autres analyses. Pour Marine Le Pen, c’était beaucoup plus délicat, car il y a avec elle un brouillage des repères idéologique. Ses revirements sont infinis, elle reste impossible à saisir.
Éric Desordre – Elle doit ménager la chèvre et le choux en permanence…
Denis Ferré – … car le RN est un amalgame de pensées, de valeurs en contradictions les unes avec les autres. C’est d’ailleurs un héritage. De plus il lui faut ménager d’éventuels alliés car elle veut, contrairement à son père, accéder au pouvoir et devenir présidente. Elle laisse ouverte la possibilité de rassembler au-delà de son parti, souhaite ne pas s’aliéner des forces périphériques qui lui permettrait de passer la barre. Donc le personnage est hautement opportuniste.
Il est difficile de distinguer les discours du fond de la pensée, quand le politique prend un tournant populiste. Or le populisme n’est pas une idéologie. Il n’y a pas de famille de pensée populiste, on peut en trouver dans tout le spectre politique, même au centre.
C’est maintenant le créneau de Marine Le Pen. Marine Le Pen avait développé un corpus d’idées républicaine pur jus pendant la campagne présidentielle – une élection qu’elle a fini par perdre contre Emmanuel Macron. Le fait qu’elle ait viré Florian Philippot au lendemain de son débat calamiteux avec Macron l’a montré. On peut considérer que Philippot avait une sensibilité gaulliste, républicaine souverainiste. Ce positionnement épousé de façon parfaitement opportuniste a tout de même permis la dédiabolisation. Après avoir eu un discours républicain semble-t-il pour des raisons tactiques, elle a viré au populisme, alors qu’elle est l’héritière de son père pour ce qui est des convictions réactionnaires. Qui plus est, pour compliquer encore plus le paysage, le chef qu’elle est peut-être empêchée par son procès dans la prochaine élection présidentielle.
J’ai fait le même choix pour Jean-Luc Mélanchon, que je n’ai pas pris pour représenter une des familles de pensée politique. Jean-Luc Mélanchon est d’ailleurs tout aussi populiste que Marine Le Pen, donc malaisé à appréhender, difficile à associer à une famille de pensée. L’objet de mon livre n’était pas de caractériser les membres du personnel politique les plus en vue aujourd’hui, mais d’expliquer – avec le recul historique – les positions dans le spectre politique de ces familles de pensée, et à l’issue de cette d’analyse d’y associer pour chacune un exemple de femme ou d’homme politique le plus aisément et objectivement représentatif de celle-ci.
Le livre de Denis Ferré est bien évidemment beaucoup plus riche et nuancé que cet exercice d’équilibre qu’est un entretien peut le laisser supposer. Très incomplet, un entretien se situe toujours entre préparation et improvisation, enchérissements et raccourcis de la pensée. L’objectivité semble toujours faire défaut lorsque la nécessité des synthèses rapides et des portraits abrupts rendent les personnes évoquées en apparence plus simples qu’elles ne le sont en réalité dans leurs personnalités et leurs combats. Le Guide des familles politiques pour citoyens perdus porte bien son titre. Travail de synthèse et d’explication fouillé sérieusement réalisé par un enseignant, il se lit facilement avec grand intérêt et éclaire ce monde effervescent et souvent bien mal connu qu’est la politique, notre politique. Ne le perdons pas de vue, si vous ne vous occupez pas de politique, c’est elle qui s’occupera de vous.
(1) La démocratie française, de la Révolution au 49.3 – L’exercice du pouvoir de Danton à Macron, de Denis Ferré, éditions Eyrolles, 2023
(2) Logocratie, de Clément Victorovitch, éditions du Seuil, 2025



