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Michaël Jackson: Le chaman showman

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Michaël, c’est mon totem à moi, une des colonnes vertébrales de ma vie. Un secret chéri au plus profond de mon être. Je ne l’ai pas connu personnellement et pourtant c’est comme s’il m’avait élevée, éduquée. Ses valeurs, son énergie, son hétéroclite musicalité, son génie corporel, cet instinct si fort qui lui a permis de dépasser les barrières musicales, raciales, nationales pour devenir l’Universel, c’est tout cela dont je parle. Son monde, c’est le monde et il m’a semblé ingrat si je n’en parlais pas ici.

Un jour, après être tombée sur les photos de ses parents à leur âge actuel et vénérable, je me suis encore fait la réflexion, une fois de plus, qu’ils ressemblaient à deux vieux indiens burinés. Surtout son père. Après cette interrogation posée une énième fois, j’ai décidé de faire des recherches sur le net. Qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir que son père et sa mère ont chacun écrit leurs mémoires, non sortis en France mais disponibles sur Internet. Avec photos des aïeux à la clé. Quelle mine d’or, c’est extraordinaire ! Je n’aurais pas pensé trouver quoique ce soit par ce biais. Et quel choc devant une intuition qui tient d’un fait réel : Michaël Jackson a non seulement des origines indiennes de par son père mais également une lignée de chaman ! Joseph remonte à son arrière grand-père qui était un chaman reconnu dans sa tribu et qui a passé le « pouvoir » à son fils. Imaginez mon étonnement et ma joie de découvrir quelque chose que je pressentais depuis toujours. Finalement, cela ne m’étonnait pas tant que cela que mon totem soit issu d’une famille très particulière qui avait des dons si particuliers. Comment expliquer autrement que par le biais de la danse et de la musique, il ait pu autant toucher la race humaine en ayant un impact si fort sur elle, si ce n’est par des pouvoirs chamaniques ?

Le chaman relie le ciel et la terre

Le chaman est celui qui relie le ciel à la terre, le divin au terrestre en dégageant une énergie fulgurante qui invite le profane à devenir initié et à renaître à son moi véritable. Michael a réduit la planète Terre à une tribu et nous a fait passer à tous cette expérience initiatique en continu sur plus de quarante ans en déversant sur les ondes ou en direct cette possibilité de nous transcender par le moyen le plus traditionnel qui soit dans le mode tribal : le chant et la danse. Il nous fait revivre les histoires primordiales de notre humanité ancestrale et la réactualise sans cesse et toujours avec cette même conviction, cette foi inébranlable qui lui a permis de donner le meilleur de lui-même pour exprimer son art qui est devenu notre art. Même mort, son empreinte sur le monde se fait encore aujourd’hui ressentir et n’a jamais été aussi prégnante.

Tant d’influence, tant de vocations nées de son exemple qu’il en a marqué l’inconscient collectif. Mon imaginaire est en feu quand je pense à lui et d’entendre sa voix me donne l’impression d’être chez moi, à la maison. Michaël c’est ma maison parce que Michaël, c’est cet être mi-homme mi-dieu qui a su faire tomber les barrières intérieures de mon âme. Et je ne suis pas la seule à ressentir quelque chose d’aussi fort. Rappelons-nous l’effet qu’il produisait de son vivant sur les gens qui l’approchaient et même si d’aucuns diront que son côté obscur l’a englouti et l’a conduit à sa perte, c’est certes très vrai, son côté lumineux, chamanique, lui, est passé à la postérité en modifiant considérablement le cours de l’histoire. Rien ne sera plus pareil après son passage éclair sur Terre. Et même si cela doit en faire sourire certains, j’ose affirmer qu’il est toujours parmi nous aujourd’hui. Pas un jour ne passe sans qu’une radio, une émission de télé relatent son histoire, nous gratifient de sa musique. Il prouve ainsi qu’il n’est pas nécessaire d’exister pour être. « Stop existing and start living », chante-t-il dans « Heal the world », hymne fraternel à l’humanité.

Par sa simple présence, Michaël Jackson a pu exorciser des foules entières de leurs démons, leurs angoisses, pour y semer un germe d’espoir, de foi et d’amour. Il a distillé son art à travers des notes et des gestes qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Cet homme chaman showman est à raconter au présent, dans l’ici et maintenant, parce qu’il a compris la valeur profondément religieuse de l’Homme qui cherche à retrouver en lui-même ses racines sacrées. Voilà un héros post ou transmoderne qui, tel le diamant le plus pur, diffracte la lumière pour y faire apparaître les couleurs infinies de la palette émotionnelle et spirituelle humaine. Il disait de lui-même qu’il était « l’instrument de Dieu ». Il se voyait ainsi pour expliquer ce qu’il faisait. Personne n’aurait pu dire mieux. Le Christ n’est pas mort à 33 ans mais à 50 ans. Et il est ressuscité à jamais.

Virginie Junkar

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