Interview Martin Razy – Les risques du métier

Interview Martin Razy – Les risques du métier

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Martin Razi © photo : Pascal Yuan
Martin Razi © photo : Pascal Yuan

Le manuel de la « presque » réussite dans le cinéma

Martin Razy est un réalisateur et scénariste parisien. Il a réalisé son dernier court-métrage “Sans Les Gants” en 2014 sélectionné et primé dans de nombreux festivals en France et à l’étranger. Deux fois finaliste du grand prix du meilleur scénario Sopadin, il développe actuellement une comédie produite par Gaumont. Nous avons voulu l’interroger pour mieux connaître le chemin à parcourir pour passer du «rêve cinéma» à l’aboutissement des projets.

Quel est le premier risque que tu as pris quand tu as entrepris de faire du cinéma ?

Entreprendre de faire du cinéma justement ! On part avec toute la plus grande volonté du monde et on bascule rapidement dans l’incertitude totale. Incertitude sur les projets, incertitude financière, incertitude de pouvoir faire ce qu’on aime par-dessus tout. Mais entre nous, ça vaut le coup d’essayer.

L’école de cinéma est-elle un passage obligé pour devenir réalisateur ou scénariste ?

Oui, pour certaines bases théoriques et techniques ainsi que pour le réseau naissant. Non, parce qu’on apprend à écrire et réaliser un film dans les livres et… avant tout en écrivant et en réalisant des films ! Billy Wilder disait à plus de 90 ans: « ça y est, je commence enfin à comprendre comment on fait un film ! ». Au-delà de la citation pour frimer, cette remarque est très juste. Être réalisateur est un perpétuel apprentissage. Et pour ma part, je n’ai pas fait d’école de cinéma mais une fac de réalisation, à Paris 1.

Que t’ont apporté ces années de fac ?

Ces cinq années m’ont permis d’approcher certains styles ou époques de cinéma vers lesquels j’aurais mis plus de temps à aller. J’y ai rencontré des amis et j’ai eu beaucoup de temps libre pour développer mes premiers projets personnels.

As-tu fait des boulots alimentaires au début ?

J’ai fait de la commande d’écriture, un peu à la chaîne. Voilà ce qui pourrait se rapprocher le plus d’un boulot alimentaire. Très mal payé, pas très funky parfois, mais c’est pas non plus l’usine alors je n’ai pas le droit de me plaindre.

Les courts-métrages ?

Passage obligatoire pour qui veut écrire et réaliser. On teste, on se cherche, on fait ses premières armes. Et on essaie de se faire remarquer ! (dans le bon sens du terme).

Ton dernier court-métrage « Sans les gants » primé dans plusieurs festivals de renom. Ça t’apporte quoi concrètement ?

Premièrement, la joie immense d’être allé au bout d’un projet. Quand on commence à écrire un film, il y a de grandes chances qu’il ne se fasse pas, comme neuf projets sur dix. Oui, c’est horrible parce qu’on parle d’un travail de plusieurs mois et parfois de plusieurs années, mais il faut en avoir conscience. Et puis, quand le film est produit, financé, tourné et qu’il est projeté dans une grande salle avec des dizaines voire des centaines de spectateurs, tu oublies d’un coup de baguette magique toutes les galères précédentes. Les prix en eux-mêmes sont la cerise sur le gâteau car il s’agit d’une reconnaissance d’un jury composé en général de pairs.

Après, que les films soient appréciés ou non, peu importe dans ma conception des choses. L’important c’est qu’ils soient vus.

[RETROUVEZ LA SUITE DE L’INTERVIEW DANS LA VERSION PAPIER N°3]

Par Jonathan LB

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