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La doxa écologique est-elle un cache-sexe hypocrite ?

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(Edito publié dans Rebelle(s) numéro 21)

Comment peut-on dénoncer les escrocs de l’écologie, sans être un « écolo sceptique » à la vue courte, sans croire pour autant en l’Apocalypse imminente ?

Il s’agit, de ne pas occulter l’évidence météorologique du temps présent : la planète Terre, « notre maison commune » comme dirait le pape jésuite, vit une période de réchauffement climatique aussi évidente que préoccupante. MAIS les escrocs verts, s’appuyant sur cette conviction en guise de consensus, clament que la fin des haricots est consommée, que la fin de la planète Terre est toute proche dans le temps, tout en sachant, en toute conscience, qu’ils égorgent à petit feu l’espérance et annoncent, sous prétexte de protection urgente de la « biodiversité », la mort de toute transcendance, de toute immanence, de tout élan de spiritualité syncrétique.

En cette fin d’année 2019, les « écolos », décrocheurs ou non du fier portrait du Président Emmanuel Macron trônant dans nos mairies républicaines, lancent des alertes climatiques à n’en plus finir. Ils dénoncent ce gouvernement qui bavarde adroitement et enfume de mots le problème des déchets humains polluant notre environnement, à coups de grandes tirades universitaires. Assez de poubelles ad hoc pour le tri qui sont encore plus polluantes tant elles sont étroites, sales et si rarement « relevées » par les agents boueux de service ! Assez de ces rues de notre capitale devenues des royaumes de puanteurs en tous genres, diffuseurs de microbes et d’insectes nuisibles, en dépit du blabla incessant des Hidalgo and Cie !

L’écologie est « à la mode ». Hélas, elle trouve trop souvent son public dans le camp des admirateurs du Veau d’Or, « au nom d’Économie » comme l’écrit Antoine Fratini dans son dernier essai1 de psychanalyste rebelle sachant rappeler à ses lecteurs qu’oublier les choses de l’âme, c’est omettre tout mode de perception animiste.

LES ÉCOLOS JANSÉNISTES SONT DANGEREUX

Le journaliste Franz-Olivier Giesbert, toujours insolent et intelligent, écrivait dans un de ses éditoriaux d’été (dans LE POINT) que le Président Macron s’était imposé « en super-maestro de la communication, une sorte d’hybride entre Goudard et Séguéla, publicitaires faiseurs de rois », et il nous faisait part de ses craintes de voir Macron devenir un roi des « fake news », surtout quand il voulait donner des leçons de savoir-faire au président du Brésil Bolsonaro laissant brûler la forêt amazonienne. Hystériser en effet le combat écologiste est toujours une tentation trop facile, surtout en période de « transition énergétique » !

Pour « préserver la planète », il ne suffit pas de supprimer les voyages en avion, de mettre à la casse les superbes voitures des « pubs » télévisuels, d’interdire les croisières sur des navires monstrueux ou non, d’inciter la population aux transports en commun, et même d’arrêter le gaspillage ! Il faut inciter la Recherche à remplacer ce qui pollue vraiment (sans avoir la naïveté de demander à TOTAL d’inventer du plastique écolo). Il faut aussi ne pas croire sur parole toutes les statistiques catastrophiques qui sont toujours suivies de la phrase rituelle « selon certains spécialistes » !

Certes, nul besoin des alertes du très sérieux GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), organisation mise en place en 1988, à la demande du G7, c’est-à-dire (il faut bien se déculpabiliser !) des 7 pays les plus riches (USA, Japon, Allemagne, France, Grande Bretagne, Canada et Italie), pour savoir que le réchauffement climatique, bien réel, change le climat ! Je reviens en effet d’un circuit au Groënland et j’ai pu constater que ledit réchauffement était une réalité et qu’il y a fait grand soleil pendant une quinzaine pleine sur le littoral (Ô Disko, Sisimiut, Illulisatt) et que le nombre d’icebergs a nettement augmenté sous l’effet de la fonte rendant la navigation de « notre » Astoria plus périlleuse…

Nous ne nions rien, rien de rien ! Cependant, nous ne pensons pas que la fin du monde est toute proche, pour ne pas dire imminente. Comme nous le répète avec poésie Michel Chandeigne écouté avec attention en conférence estivale, le sort de la planète ne se joue pas en centaines d’années mais en millénaires. Il en découle que défendre en militants fous furieux le clocher de son village, son jardin et sa région de naissance et pourfendre les méfaits des pesticides du voisinage en « écolos aux bras étroits » ne suffit pas. La priorité est d’améliorer les possibilités d’étendre l’immense grenier des ressources mondiales grâce à l’agriculture intensive qui devrait, par la recherche scientifique, être un jour ou l’autre non seulement inoffensive pour l’environnement mais utile au niveau mondial pour faire reculer la faim dans le monde.

Tout en ayant conscience que la polémique brûlante sur les bienfaits et les méfaits des pesticides dans le monde n’est pas prête à se calmer, osons dire qu’il en est de même pour la décroissance comme parade à notre hypothétique décadence généralisée de civilisation… De même, sous le préfixe BIO, tout et n’importe quoi nous est souvent proposé à consommer.

Décidément, il est urgent de trouver des bombes pour pulvériser l’espérance des rebelles que nous sommes, surtout s’ils sont mystiques.

 

Jean-Luc Maxence

 

1. Antoine Fratini, Au nom d’Économie, Croyances, cultes, liturgies et tabous de la religion unique (EDILIVRE, 2019)

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