
los delincuentes sortent de la ville
los delincuentes sortent de la ville pour sortir du travail
sortent de la routine du bureau du métro de la banque
pour sortir de la banque doivent voler la banque
c’est un crime facile, calme, sans effusion de sang, prémédité, organisé, dans une ville grise , bitumée, pleine de voiture et de tristesse plane
Moran et Roman deux prénoms miroirs l’un décide l’autre subit mais deux employés de banque
au bout du rouleau les employés de la banque du capitalisme exemplaire
après le crime l’échappée est possible
au terme du bus du taxi du voyage il y a la campagne la forêt la rivière et le bain une petite carte postale édénique et concrète et bucolique comme un défi
une utopie solaire une vacance politique
une parenthèse enchantée hédoniste et lente, presque hors monde
on saute dans l’eau pour se laver de tout de la ville du crime de l’argent
au terme de la route il y a la moto et le cheval
dans le grand paysage argentin un autre western est possible
il est pacifiste sans fusil sans effusion de sang il s’agit juste
de regarder les montagnes vertes/rousses de regarder cinéma
de faire le panoramique
avec un vidéaste qui dit que
le cinéma est mort
puis dit faire un film
avec un vidéaste qui filme des jardins-mondes des jardins grands comme la montagne hors la ville
et toutes les fleurs tapies dans les herbes tandis que les filles courent
le criminel devient perchman et aborde l’art
au terme de la route on récite des poèmes, en prison ou ailleurs, de longs poème sur le Grande Saline
au terme de la route on ramasse des œufs dans un poulailler on cueille des fruits dans l’arbre on extériorise la survie on se nourrit directement par et de la terre
après la prison on n’a plus besoin de l’argent
c’est un film de gangsters où l’on sait dès le début qui a fait quoi qui a volé et où le gangster se rend d’emblée à la police (un braquage sans braquage)
attend trois ans
aucun suspense sinon la petite culpabilité qui fait fumer cigarettes sur cigarettes en split screen
les petits soucis de gestion du magot
(seuls coups dans la prison, mais à la fin on y récite des poèmes on y offre des livres)
on démissionne on part camper on a perdu aussi la fille brune aux longs cheveux la belle baigneuse sur le rocher la sirène parfaite
(l’idylle avec la femme c’était un leurre exit la bluette sentimentale)
le thriller le film policier bifurquent
le criminel alors enfourche le cheval existentiel, quand plus rien ne reste
part dans le paysage s’estompe dans le paysage
à cheval comme un cowboy désargenté redevenu homme simple
le western n’est pas mort
los delincuentes sortent de la ville partent à la conquête des terres vierges refabriquent le western élémentaire
les anti-héros pétris de maladresse s’essayent à refaire le monde
la pampa et le cinéma ne sont pas morts c’est une question
de liberté grande et de montagne sauvage comme un panoramique rescapé
Anne Barbusse




