
ne m’appelez pas
je n’ai pas de réponse aux pourquoi des saisons
je ne sais pas pourquoi le temps pour être court
nous paraît si long et vous me dérangeriez tout au plus
je n’ai pas mis le pied encore dans le sabot du jour
j’épouse toutes les nuances de l’attente
je méandre
je ne suis pas là où l’on me voit
mais à l’empreinte de mille directions
au seuil des alentours dans l’onde flottante
de ma déraison
ne me nommez pas
je dors dans le pouls d’un ailleurs dont le sang
est ma cage de silence
ma proximité est le leurre de la distance
ne me retenez pas
montrez-vous sage
je suis seulement un oiseau de passage
dans votre réalité lasse
je suis fleur de givre
douce et dure et puis tendre
qu’un cœur de feu entoure de ses bras
pour me dessiner un pur espace
et des yeux qui n’abdiquent pas
Barbara Auzou




