(Episode précedent) Le son de l’album Revolver est très original pour l’époque. Il faut dire qu’on y a utilisé des techniques de studio innovantes : travail sur les graves-médium-aigus qu’on ne se préoccupait pas d’affiner à ce point à l’époque, travail percutant du son de la basse et de la batterie, expérimentations en tout genre… L’intégralité de l’album a été composée en studio.
Suite de l’album sur la face B :
Good Day Sunshine
Une chanson pour le bon temps, pour célébrer les bons moments. C’est à la base une chanson d’amour mais se déroulant par une journée d’été ensoleillée. Tout ça sonne très californien.
And Your Bird Can Sing
Là, on nage en plein psychédélisme, au point que les paroles semblent vraiment obscures. Il y a trois guitares : John, George et Paul et elles sont magnifiques dans leurs harmonies. Le pont est très beau, arrangé à la perfection.
Pendant les prises 1 et 2, John est pris d’un fou rire et Paul lui emboite le pas. Sachant que ces prises sont foutues, ils s’en donnent à cœur joie. Ces prises ont été gardées et apparaissent sur Anthology 2. C’est vraiment une curiosité à connaitre !
For No One
Une très belle chanson de Paul sur la fin d’une relation amoureuse et le vide abyssal ressenti par celui qui reste sur le carreau avec sa solitude. Alan Civil, le musicien qui exécute le solo de cor d’harmonie était le corniste le plus réputé d’Angleterre. Il n’empêche que George Martin et Paul lui ont donné du fil à retordre dans le sens où la partie contient un ré aigu qu’on ne demande pas habituellement à un corniste de produire. Du coup, sa performance a été saluée et il a toujours considéré ce morceau comme la performance de sa vie.
Doctor Robert
Cette chanson est inspirée par Robert Freymann, un médecin de New York qui s’est taillé un sacré succès auprès des artistes en leur prescrivant tout un tas de remontants, légaux ou illégaux. Il perdra sa licence en 1975 pour faute professionnelle (sic). L’ensemble est traité sur un ton humoristique. Le riff est vraiment prenant et propulse tout le morceau.
I Want To Tell You
Une très belle chanson de George sur la difficulté qu’il y a à communiquer ce qu’on ressent. L’ensemble est magnifiquement arrangé : le riff de guitare, le piano, les chœurs aériens et, bien sûr, la batterie de Ringo grâce à laquelle, si on l’écoutait seule, on reconnaitrait immanquablement le morceau.
Got to Get You into My Life
Paul nous donne là une chanson de grande qualité, largement inspirée par R ‘n’ B afro-américain. Les paroles font penser à une chanson d’amour mais les commentaires de John (« c’est sur le LSD ») et Paul (« c’est sur l’herbe ») déjouent tous les pronostics. C’est la première fois que les Beatles utilisent une section de cuivres. Bien sûr, leurs arrangements ont été faits par George Martin qui les dirige. Le solo de guitare de fin, bien que court, est éblouissant. Il met le feu aux poudres !
Tomorrow Never Knows
Pour ceux qui pensaient encore en 1966 (les attardés !) que les Beatles étaient juste bons à faire des chansonnettes, le réveil a dû être dur en entendant ce morceau ! Celui-ci est cohérent avec le travail d’une avant-garde underground et confidentielle. Il bouleverse tout ce qu’on croyait pouvoir entendre dans un album de rock.
Dernier morceau de l’album mais le premier enregistré dans ces séances, il donnera sa teinte à tout l’ensemble.
L’album du Swinging London ?
En cette année 1966, Londres est vraiment le centre du monde sur le plan culturel. La musique, bien sûr, mais aussi la mode et la façon de vivre.
Quelle meilleure bande sonore pour ce mouvement que Paperback Writer et l’album qui le suit, Revolver ?
Comme toujours, les Beatles sont légèrement en avance sur tout le monde et l’album qui va sortir un peu plus tard, après une dernière tournée mondiale, le prouvera pour toujours : Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band !
La prochaine fois : la tournée de trop !




