
Une idée neuve en Europe qu’il disait ce pauvre Saint-Just mais en quoi est-ce une idée ? Le bonheur, c’est une réalité ou ce n’est rien. Et puis en quoi cette idée est-elle neuve et pourquoi neuve seulement en Europe ? Le bonheur aurait-il existé ailleurs qu’en Europe ?
Le bonheur est universel et intemporel, mais on ne sait pas vraiment ce que c’est. Moi, je ne sais pas, d’ailleurs ai-je jamais connu le bonheur.
Le bonheur, les philosophes en parlent depuis l’antiquité mais ils n’ont pas su nous donner une définition précise de cet état de bonheur. Et moi je me dis « le bonheur c’est peut-être simplement manger du chocolat ».
Mais non répond le philosophe, manger du chocolat rend heureux mais ce n’est que passager alors que le bonheur est un état permanent. Conclusion, les philosophes ont raison de philosopher.
Autrefois, on ne se disait pas que le but de la vie était le bonheur, on évoquait plutôt le devoir, la religion, la vérité ou la justice… Aujourd’hui, et alors que l’ONU a décrété une journée internationale du bonheur, le bonheur est devenu à la fois une norme, une morale et même un devoir. Impératif catégorique : nous nous devons d’être heureux.
À propos d’impératif catégorique, pour Kant le bonheur n’est pas un état que l’on peut atteindre de manière sûre ou rationnelle. C’est un idéal de l’imagination, une représentation subjective et toujours changeante de ce que serait une vie parfaitement heureuse.
Alors, je ne suis pas vraiment heureux quand je regarde l’état du monde autour de moi, mais je suis Kantien et c’est peut-être ça le bonheur, être Kantien et ce n’est pas une idée neuve…
Daniel Daligand



