• S’abonner à Rebelle(s)
  • Contact
  • Mentions légales
mercredi 28 octobre 2026
  • Login
Rebelle(s) Mag
  • Accueil
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Société(s)
  • Littéraire(s)
  • Spécial Ukraine
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Qui sommes-nous ?
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Société(s)
  • Littéraire(s)
  • Spécial Ukraine
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Qui sommes-nous ?
No Result
View All Result
Rebelle(s) Mag
No Result
View All Result

La Route de l’Inca

Extraits de « Je vous emmène en voyage », de Danny-Marc, à paraître au Nouvel Athanor

Danny-Marc by Danny-Marc
20 février 2024
in Dossier du mois : L'Éveil, Voyage(s)
0
Partager sur FacebookPartager sur Twitter
La route de l'Inca Machu Picchu
La route de l’Inca Machu Picchu

Voici La Paz, capitale la plus haute du monde. Étrange manière d’aborder une ville dont l’on ne pressent rien, tant les banlieues ne ressemblent à aucune autre.

Sur la route, je devrais dire la piste, des groupes d’Indiens, des troupeaux de mules lourdement chargées et d’ânes accompagnés de jeunes enfants, de petites cabanes en bois éclairées d’une lampe trop pâle, se côtoient dans le désordre au bord des fondrières parfois profondes comme des tranchées.

Notre car fait des méandres pour éviter les trous et les amoncellements d’ordures. L’eau des gouttières sillonne le sol comme des marigots stagnants. Les faubourgs s’étirent sur des kilomètres et les enfants jouent au milieu du sordide et de la confusion extrême.

Partout un bruit infernal de voitures, de bus et de camions qui vont, viennent à grands coups de klaxons et se croisent dans tous les sens. Un instant, je songe à nos lignes droites tirées au cordeau aux abords des capitales européennes… Quel décalage et quelle misère !

C’est ainsi que l’Alto, la partie haute, se présente à nos yeux. Quartier essentiellement réservé aux paysans en recherche de travail à la ville et aux « cholas » ». Étrange mélange d’une population qui n’a point l’accès aux zones plus tempérées de la ville. Les logements, posés de manière anarchique, y sont tous insalubres. Étonnant spectacle, serrement de cœur.

Au loin, l’Illimani domine à la fois la cité et la Cordillère Royale du haut de ses 6800 m. Et soudain, alors que les yeux interrogent la nuit pour y découvrir la ville, un virage nous offre l’éblouissement. À profondeur de regard, blottie entre ses collines, La Paz repose au fond de l’immense ravin. Des lumières grimpent et s’accrochent un peu partout, dans la vallée et sur les pentes qui entourent la cité. Cadeau imprévisible, somptueux, que cette vision à trois mille huit cents mètres !

Petit à petit, les ornières s’ordonnent, le bitume fait son apparition et c’est sur une route large que nous descendons jusqu’au cœur de la ville, c’est-à-dire vers le domaine des classes dites supérieures : c’est ici le règne des ingénieurs, des fonctionnaires, des industriels et des professions libérales. Nous doublons quelques villas superbes dont les enceintes sont défendues par des tessons de bouteilles… protection oblige, puisque les Indiens travaillant ici « au service des grands » sont par définition ceux dont il faut se méfier.

Il y aurait là un temps bien long à prendre pour comprendre cette sociologie qui ordonne et classe selon les altitudes, les riches et les pauvres, les clairs de peau et les métis. Mais le présent n’est pas aux idées. Notre car ne prend le temps de rien, dépassé qu’il est par le soleil qui ici se couche très tôt ! Il n’est pas dix-neuf heures il fait nuit noire… et ces réflexions sont à peine effleurées que La Paz s’entrouvre pour nous laisser passage – s’entrouvre est bien le mot, au milieu d’un nouveau concert de bus, de camions et de voitures. Qui a vu les Champs-Élysées ou la Concorde un jour de grève n’a rien vu ! Ici, l’attente des bus « collectivos » se prolonge des heures et sur plus de cinq cents mètres. Et souvent, lorsque l’un d’entre eux arrive à la station sans même s’arrêter totalement, il est déjà super complet. Il faut monter au vol, descendre de même. Les voyageurs sont compressés et ceux qui ont la chance d’avoir une place assise ont souvent une ou deux personnes sur leurs genoux. Il reste, pour les urgences et les pressés, à s’accrocher au marchepied et traverser ainsi une ville où chaque tour de roue présente un nouveau risque.

Tout ici semble démesuré, désordonné par un architecte qui n’a pas dû prendre le temps de réfléchir avant de poser les pierres.

Bien que la « ville du bas » corresponde à celle des privilégiés, le mélange des populations est évident. Il faut bien que les marchés soient approvisionnés pour satisfaire à l’exigence des nantis. Là encore, le pauvre est au service du riche. Et notre car, après avoir traversé la place Murillo, témoin de tous les coups d’État et de chaque révolution, nous mène – quel contraste ! – au pied du Sheraton-hôtel qui sera durant deux jours notre pied-à-terre bolivien.

*

Dès que l’on parle, à propos du Pérou, du petit train des Andes, tous les regards clignotent et tous les cœurs s’émeuvent. C’est vrai que ce n’est pas rien, le train des Andes… Après avoir déserté le lac le plus haut du monde, les montagnes seront somptueuses, dix heures durant, et les gares colorées, à la Sergio Leone. Les arrêts en pleine nature décident parfois d’un changement de voie imprévisible et les caravanes se précipitent, de l’enfant qui, une fleur à la main, vient vendre son seul trésor et de la femme à la corbeille d’oranges, qui sollicite quelques pesos. Se mêlent au loin des troupeaux de lamas sauvages ! Même si l’on croit rêver, ce ne sont plus des images d’Épinal, ce sont celles bien réelles du Pérou en plein Altiplano. Les mares encore gelées disent le grand froid de la nuit tandis que les flamboyants et les sylvestres annoncent le grand soleil du jour. La Voie Royale que prend notre train, parallèle au chemin de l’Inca, nous mène vers le Machu Picchu.

Et c’est l’éblouissement. L’éblouissement et le choc. Révélation extraordinaire, en plein midi, entre ciel et terre, dans cette cité ouverte sur la Porte du soleil. Splendeur du site et mystère de sa présence.

Capitale religieuse au lieu de culte offert au soleil ? Dernier refuge des vierges ou dernière capitale inca ? Mystère dès la découverte en 1911, alors que l’endroit depuis des siècles était recherché. Mystère encore en l’an 87 et en l’an 2000 sans doute, et c’est tant mieux !

Durant des heures, nos cheminons entre prisons des femmes et forteresses, quartier des artisans et autels des sacrifices, portes et fenêtres ouvertes sur la végétation qui, tellement dense, protégeait au début du siècle la cité interdite de tout regard venu de la vallée.

Tant de beauté a raison de s’expliquer par la seule beauté. Le reste… ce sera pour des années encore, la seule imagination du voyageur qui se contentera de scruter les tombes impériales et d’interroger les astres, auprès de l’autel du soleil !

*

Je regarde, nous regardons, au regard du cœur, le souvenir de cet homme secrètement abrité au fond de trois cours successives aussi délabrées les unes que les autres, cet homme qui, un soir, a fabriqué pour nous cette mandoline en marqueterie souhaitée comme cadeau pour une amie très chère. Et puis le souvenir de l’enfant à la jacinthe ! Il ne disait rien et nous regardait au bord du train, en rase montagne et, silencieux, nous offrait sa fleur pour un bonbon convoité ou un stylo bic introuvable. Et le souvenir de l’homme, mourant à Cuzco, sur les marches de la Cathédrale, comme l’on meurt en Inde dans les rues de Bombay. Et le souvenir de La Paz en manifestation silencieuse, prête sans doute à la moindre flamme, à prendre feu… ô mystère de la naissance d’une révolution ! Et le souvenir du grand monastère d’Arequipa où venaient jadis se consacrer à Dieu, sans vocation aucune, les riches aînés des familles espagnoles qui ont donné à chaque rue du couvent, les noms des grandes cités historiques : Cordoue, Séville, Grenade… Étranges lieux de prières où les Supérieures gravissaient l’échelon suprême à force d’ancienneté et de dot somptueuse.

Enfin, le souvenir de ces dix heures de piste entre trois et cinq mille mètres, en pleine nuit, donc en plein froid et en plein gel, sous une voie lactée comme sans doute nous n’en rencontrerons jamais plus. Le vieux taxi défoncé nous menait, épuisés certes, mais sans le savoir, vers le plus pur matin du monde, pour un lever de soleil comme l’on en trouve seulement dans les déserts ou en altitude.

Tags: BolivieCuzcoDanny-MarcLa PazMachu PicchuPérourécit de voyage
Previous Post

L’Art dès la naissance, soit la naissance à l’art

Next Post

Manifeste pour un avenir non-politique

Danny-Marc

Danny-Marc

Née en 1937 à Paris, Danny-Marc, après cinq années d’enseignement en Afrique, débute dans les années 1965 une carrière d’auteur-compositeur-interprète (chansons à texte et poèmes mis en musique). Elle chante tout aussi bien au CLUB DES POETES de Jean-Pierre Rosnay que contre l’apartheid, avec Jacqueline Dulac et John Littleton. Contrainte d’interrompre la scène pour raison de santé, elle fonde avec Gaston Lefebvre l’opération W, association de coopération dans le cadre de la FAO, puis le Centre DIDRO, association d’aide aux toxicomanes qu’elle dirige jusqu’en 1998. Avec Jean-Luc Maxence, elle assure depuis plus de trente ans la direction des éditions LE NOUVEL ATHANOR. Très investie dans la défense et la promotion des auteurs des CAHIERS DU SENS où elle signe des récits de voyage et quelques poèmes. Elle a participé également, avec son époux, à la création du magazine bimestriel REBELLE(S).

Next Post
Manifeste pour un avenir non politique Jean Philippe Testefort Editions Unicité

Manifeste pour un avenir non-politique

Please login to join discussion

Dossier Refus de l’assignation (cliquez ici)

Mais quel rôle veut on qu'on joue ©photo Eric Desordre 2026
Mais quel rôle veut on qu'on joue ©photo Eric Desordre 2026

Abonnez-vous à notre newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Rubrique(s)

  • 3 questions à…
  • Art(s)
  • Cinéma(s)
  • Classique(s)
  • Dossier du mois : Au secours !
  • Dossier du mois : Envers et contre tout
  • Dossier du mois : Infos, complotisme et vérités alternatives
  • Dossier du mois : L'art peut-il influencer le monde ?
  • Dossier du mois : L'espérance… aujourd'hui ?
  • Dossier du mois : L'Éveil
  • Dossier du mois : L'Humour… l'Amour ! Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?
  • Dossier du mois : L'Ironie – les poètes à l'attaque
  • Dossier du mois : La foire aux cons : toujours d'actualité
  • Dossier du mois : Le monde d'aujourd'hui est-il le même ?
  • Dossier du mois : Le refus de l'assignation
  • Dossier du mois : Manipulés… manipulateurs ?
  • Dossier du mois : Mélange des genres
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Dossier du mois : Un chemin d'égarement
  • Edito(s)
  • Geekologie(s)
  • Hommage à Jean-Luc Maxence
  • Inclassable(s)
  • L'impertinence poétique
  • Le Mag papier
  • Les gonzoïdes de l'Apocalypse
  • Les grands entretiens rebelle(s)
  • Littéraire(s)
  • Mémoires Démasqués
  • Petites vignettes
  • Philo-spirit(s)
  • Politique(s)
  • Rock and Folk et Musique(s)
  • Société(s)
  • Spécial Ukraine
  • Théatre(s) – Spectacle(s) – Expo(s)
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Voyage(s)
interviews 1 scaled

Articles récents

  • L’écrivain est un poison 27 octobre 2026
  • Halte à la misère ! 27 octobre 2026
  • Une femme puissante : Jacqueline Devreux 27 octobre 2026
  • Eros-Hypnos Otwarta Brama 24 octobre 2026
  • Tirer la couverture à soi 23 octobre 2026
  • Limousin Bataille 23 octobre 2026
  • Considérations sur le Théâtre 23 octobre 2026
  • à propos de Déserts, film de Faouzi Bensaïdi, 2023 23 octobre 2026
  • L’Odyssée des Formes 13 octobre 2026
  • Le manège en chantier 13 octobre 2026
  • À quand le mélange des genres ? 13 octobre 2026
  • Récits-corps 12 octobre 2026
  • Poèmes 6 octobre 2026
  • L’iWatch 6 octobre 2026
  • L’ai-je bien descendu ? 6 octobre 2026
  • Le Père-Lachaise surréaliste 5 octobre 2026
  • Les Beatles… Un cadeau des Dieux ? Dix-neuvième partie 3 octobre 2026
  • Du lien entre un pot de moutarde, une IA et une catastrophe nucléaire – Partie 4 et fin 2 octobre 2026
  • Bagdad Café 2 octobre 2026
  • Du lien entre un pot de moutarde, une IA et une catastrophe nucléaire – Partie 3 30 septembre 2026
  • Demi-mesures 29 septembre 2026
  • Du lien entre un pot de moutarde, une IA et une catastrophe nucléaire – Partie 2 28 septembre 2026
  • Le jour bleu 26 septembre 2026
  • Il faut être indocile 26 septembre 2026
  • Du lien entre un pot de moutarde, une IA et une catastrophe nucléaire – Partie 1 26 septembre 2026

© 2026

Welcome Back!

OR

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In
RBLs
Gérer le consentement aux cookies
Nous utilisons des cookies pour optimiser notre site web et notre service.
Les cookies fonctionnels Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Qui sommes-nous ?
  • Le Mag Papier
  • Geekologie(s)
  • Littéraire(s)
  • Société(s)
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Art(s)
  • Cinéma(s)
  • Rock and Folk et Musique(s)
  • Théatre(s) – Spectacle(s) – Expo(s)
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Edito(s)
  • Inclassable(s)
  • L’impertinence poétique
  • Littéraire(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Voyage(s)
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Contact

© 2026

Ce site web utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site web, vous consentez à ce que des cookies soient utilisés. Visitez notre Politique de confidentialité et de cookies.
Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?