
Rebelle(s) refuse de se laisser cornériser – comme on dit au foot – dans la lamentation (« c’était mieux avant, ce sera pire demain »), le délire catastrophiste (« L’espèce humaine est foutue, la planète est foutue, la retraite c’est foutu ») ou encore l’impression qu’on ne peut plus rien (« Contre le chômage, on a tout essayé »). Contre le malheur programmé, récalcitrons.
Si vous vous êtes par trop couvert la tête de cendres ces derniers temps ou, à contrario, avez fait la nouba sans arrière-pensées jusqu’au bout de la nuit, ce dossier est fait pour vous. Si vous regardez les fleurs des champs pousser pendant des heures, un sourire béat accroché au visage, ou admirez les jeux innocents d’un petit enfant sans penser qu’il vous empêche quelquefois de dormir, vous avez du potentiel. Bref, tout le monde peut s’y mettre, c’est même recommandé pour la santé par l’Académie.
Mais le bonheur ne se donne pas toujours, il faut même souvent aller le chercher avec les dents. Dans ce dossier, au cours des trois prochaines semaines, vous sauterez du bonheur dont on ne sait pas ce qu’il est (Daniel Daligand) au bonheur-danse qui libère (Serge Papiernik), du bonheur en Eastmancolor 35mm des Demoiselles de Rochefort (Anne Barbusse) au bonheur-made-in-USA qui se dissout dans les piscines (Miguel Coelho), du bonheur-jardin qui se contemple (Muriel Fangeaux) au bonheur-braise qui brûle encore (Murielle Compère-Demarcy), et vous vous délasserez à la lecture d’autres petites contributions pour faire sourire.
Retrouvez, du bonheur, ce que nous en sentons peu ou prou : que sa pratique, ou même son espérance, nous retient au bord du monde plutôt que de nous pousser à y renoncer.
La rédaction


