• S’abonner à Rebelle(s)
  • Contact
  • Mentions légales
dimanche 1 novembre 2026
  • Login
Rebelle(s) Mag
  • Accueil
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Société(s)
  • Littéraire(s)
  • Spécial Ukraine
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Qui sommes-nous ?
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Société(s)
  • Littéraire(s)
  • Spécial Ukraine
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Qui sommes-nous ?
No Result
View All Result
Rebelle(s) Mag
No Result
View All Result

L’impartagée

Par Joël Mansa

contributeurs ponctuels by contributeurs ponctuels
13 avril 2025
in Littéraire(s)
0
Partager sur FacebookPartager sur Twitter
Expérience solitaire ©photo Eric Desordre
L’expérience solitaire et cristalline ©photo Eric Desordre –

L’impartagée – Extraits du recueil de poèmes à paraître prochainement aux Éditions Le Nouvel Athanor

    

Je veux faire de mes mots des actes qui entaillent le silence

  si profondément qu’il ne peut plus se refermer.

 

L’impartagée, c’est cette part de nous-même qu’il est si difficile de partager avec les autres, tout ce qui reste trop souvent inexprimé, caché, dans le non-dit et qu’un poète se doit d’essayer de formuler, de dévoiler, de mettre à nu. C’est bien le rôle des poètes que de nommer l’innommable, que de dire l’indicible, que de trouver les mots pour mettre en lumière ce qui reste pour la plupart d’entre nous impartagé. Il leur faut alors affronter ce que Roland Barthes, dans Fragments d’un discours amoureux, appelle « le gâchis du langage ». La poésie a, je crois, en effet pour vocation de tenter de dé-gâcher le langage, de le rendre à la vérité de l’expérience vécue, de le rendre à sa beauté brute, et, pour cela, je cherche aussi, autant que je le puis, à atteindre la plus grande simplicité.

 

Toute vie est singulière

« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous, et nos douleurs sont une île déserte. »

Albert Cohen, Le livre de ma mère, chapitre 1.

 

Toutes nos douleurs sont une île déserte.

Elles sont inconnues des autres qui ont aussi les leurs.

Elles sont perdues, si loin du monde, juste en nous-mêmes

qu’il est presque impossible d’en parler

comme d’en décrire les rivages et les terres profondes.

On les garde bien cachées, comme un trésor emmuré, une peine inconsolable,

et cette impartagée fait notre vie, si singulière, unique et sans égale.

 

Toutes nos joies sont tout aussi mystérieuses pour les autres.

Même ceux que nous aimons jusqu’à la déraison,

surtout eux, ignorent tout de nos bonheurs et de nos souffrances.

Bien-sûr, on met parfois des mots sur nos enchantements

pour de charmants échanges,

comme on s’efforce d’en mettre sur nos dégoûts, nos remords, nos colères,

même quand cela fait si mal à ceux à qui l’on s’adresse.

On met parfois des mots sur nos rêves, nos fantasmes, nos folies,

des mots qu’on habille parfois de mensonges

afin de trouver les chemins qui nous rapprochent des corps que l’on désire

et des cœurs qu’on veut adorer,

mais chacun sait très bien qu’il est seul

et que ses douleurs sont une île déserte.

 

                                                 À feuilleter sa vie

« En vain, je feuillette ma vie (…)

Là, j’ai pleuré, ici, j’ai chanté. »

Octavio Paz, Liberté sur parole, Vieux poème.

 

À feuilleter sa vie, comme on ouvre une boîte à secrets,

qui ne trouverait pas bien des chagrins enfouis,

des joies gardées secrètes au plus profond de soi,

tant d’émotions impartagées qui s’entrelacent

et forment comme un tissu épais où se glisse notre âme

avec tout son fardeau d’expériences, de regrets et de bonheurs.

 

Est-ce une vaine espérance,

comme une prière adressée au néant,

que de croire la vie toujours plus obstinée ?

Est-ce une vaine espérance

que de chercher encore à se comprendre,

quand on comprend si peu de soi,

pour mieux aimer les autres qui nous sont inconnus ?

est-ce cela l’émerveillement complet,

le vrai ravissement  que l’on désire tant,

enfin s’aider soi-même à exister vraiment,

enfin être plus attentif au monde des vivants,

en faisant éclater pour toujours le sac des sensations les plus confuses

où l’on reste si souvent enfermé ?

 

Je sais combien j’ai pleuré, enfant, de rage et d’impuissance,

pris dans la cage du quotidien le plus sombre.

Et je sais comme je pleure aujourd’hui.

Mes larmes ne sont plus les mêmes.

J’ai honte le plus souvent d’être si peu utile,

de n’avoir pas agi suffisamment,

de n’avoir pas fait assez de mes mots des actes

qui entaillent le silence si profondément

qu’il ne peut plus se refermer.

 

Comme Octavio Paz dans son Hymne parmi les ruines,

comme toutes les poétesses et comme tous les poètes

sur cette terre de plumes, de feuilles, de chairs et d’os,

je veux des paroles qui sont fleurs,

          des paroles qui sont fruits,

          des paroles qui sont actes.

 

Je cherche encore les mots qui diront la vraie vie.

Je cherche encore les mots qui seront libérés.

Je cherche le poème qui peut tout partager.

(L’impartagée, Première partie, Fragment d’une singularité, pages 23 et 44)

 

L’amour s’écrit avec la chair

C’est sous la peau que tout se joue alors.

L’amour s’écrit avec la chair qui brûle et les os qui craquent.

Cela ressemble à une longue meurtrissure, l’amour, à des courbatures qui n’en finissent pas.

Mais cette tempête a des allures de sauvetage en mer :

dans cette bousculade d’émotions,

entre des vagues violentes de sensations multiples

qui vous poussent et vous battent en tous sens,

quelque chose se précipite – au sens chimique du mot.

Naît alors une paix qui est comme un harnais

auquel on peut s’accrocher.

Il vous soulève au-dessus de vos affolements

et vous ouvre une voie aérienne où la vie se trouve comme renouvelée.

Écrire l’amour est alors décider le renouvellement du langage.

Décider de l’éclosion des mots dans leur nudité,

dans leur vie d’après les détours du langage,

dans leur vraie douleur et leur nouvelle solitude.

(L’impartagée, Deuxième partie, Fragment d’un amour, page 55).

Tags: Joël MansaLe Nouvel AthanorOctavio Pazpoésie
Previous Post

Rapport Miviludes et Témoins de Jéhovah, un peu d’honnêteté que diable !

Next Post

Les intérieurs au cinéma – 1/4

contributeurs ponctuels

contributeurs ponctuels

Divers auteurs qui ponctuellement vont écrire un article pour Rebelle(s), sans pour autant être des contributeurs réguliers.

Next Post
Black Sabbath Mario Bava © Galatea Film Warner Bros. 1963

Les intérieurs au cinéma - 1/4

Please login to join discussion

Dossier Le bonheur idée neuve (cliquez ici)

Sur les murs du Mans © photo Eric Desordre 2026
Sur les murs du Mans © photo Eric Desordre 2026

Abonnez-vous à notre newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Vérifiez votre boite de réception ou votre répertoire d’indésirables pour confirmer votre abonnement.

Rubrique(s)

  • 3 questions à…
  • Art(s)
  • Cinéma(s)
  • Classique(s)
  • Dossier du mois : Au secours !
  • Dossier du mois : Envers et contre tout
  • Dossier du mois : Infos, complotisme et vérités alternatives
  • Dossier du mois : L'art peut-il influencer le monde ?
  • Dossier du mois : L'espérance… aujourd'hui ?
  • Dossier du mois : L'Éveil
  • Dossier du mois : L'Humour… l'Amour ! Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?
  • Dossier du mois : L'Ironie – les poètes à l'attaque
  • Dossier du mois : La foire aux cons : toujours d'actualité
  • Dossier du mois : Le monde d'aujourd'hui est-il le même ?
  • Dossier du mois : Le refus de l'assignation
  • Dossier du mois : Manipulés… manipulateurs ?
  • Dossier du mois : Mélange des genres
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Dossier du mois : Un chemin d'égarement
  • Edito(s)
  • Geekologie(s)
  • Hommage à Jean-Luc Maxence
  • Inclassable(s)
  • L'impertinence poétique
  • Le Mag papier
  • Les gonzoïdes de l'Apocalypse
  • Les grands entretiens rebelle(s)
  • Littéraire(s)
  • Mémoires Démasqués
  • Petites vignettes
  • Philo-spirit(s)
  • Politique(s)
  • Rock and Folk et Musique(s)
  • Société(s)
  • Spécial Ukraine
  • Théatre(s) – Spectacle(s) – Expo(s)
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Voyage(s)
interviews 1 scaled

Articles récents

  • Quand les bats des diablesses 31 octobre 2026
  • L’écrivain est un poison 27 octobre 2026
  • Halte à la misère ! 27 octobre 2026
  • Une femme puissante : Jacqueline Devreux 27 octobre 2026
  • Eros-Hypnos Otwarta Brama 24 octobre 2026
  • Tirer la couverture à soi 23 octobre 2026
  • Limousin Bataille 23 octobre 2026
  • Considérations sur le Théâtre 23 octobre 2026
  • à propos de Déserts, film de Faouzi Bensaïdi, 2023 23 octobre 2026
  • L’Odyssée des Formes 13 octobre 2026
  • Le manège en chantier 13 octobre 2026
  • À quand le mélange des genres ? 13 octobre 2026
  • Récits-corps 12 octobre 2026
  • Poèmes 6 octobre 2026
  • L’iWatch 6 octobre 2026
  • L’ai-je bien descendu ? 6 octobre 2026
  • Le Père-Lachaise surréaliste 5 octobre 2026
  • Les Beatles… Un cadeau des Dieux ? Dix-neuvième partie 3 octobre 2026
  • Du lien entre un pot de moutarde, une IA et une catastrophe nucléaire – Partie 4 et fin 2 octobre 2026
  • Bagdad Café 2 octobre 2026
  • Du lien entre un pot de moutarde, une IA et une catastrophe nucléaire – Partie 3 30 septembre 2026
  • Demi-mesures 29 septembre 2026
  • Du lien entre un pot de moutarde, une IA et une catastrophe nucléaire – Partie 2 28 septembre 2026
  • Le jour bleu 26 septembre 2026
  • Il faut être indocile 26 septembre 2026

© 2026

Welcome Back!

OR

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In
RBLs
Gérer le consentement aux cookies
Nous utilisons des cookies pour optimiser notre site web et notre service.
Les cookies fonctionnels Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Qui sommes-nous ?
  • Le Mag Papier
  • Geekologie(s)
  • Littéraire(s)
  • Société(s)
  • Politique(s)
  • Art(s)
  • Art(s)
  • Cinéma(s)
  • Rock and Folk et Musique(s)
  • Théatre(s) – Spectacle(s) – Expo(s)
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Edito(s)
  • Inclassable(s)
  • L’impertinence poétique
  • Littéraire(s)
  • Philo-spirit(s)
  • Tribune(s) Libre(s)
  • Voyage(s)
  • Dossier du mois : Qu’est-ce que se rebeller aujourd’hui ?
  • Contact

© 2026

Ce site web utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site web, vous consentez à ce que des cookies soient utilisés. Visitez notre Politique de confidentialité et de cookies.
Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?