Le récit pour résister

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Petit manuel de résistance contemporaine, Cyril Dion,
Ed. Actes Sud, Coll. Domaine du possible, 2018, 150 p., 15 €.

Ce livre, incisif et pratique, propose un constat supplémentaire de la dégradation des écosystèmes et des conséquences vitales qu’elles entraînent sur les êtres vivants qui les composent encore. Mais il investigue davantage le « comment on s’en sort ? » et suggère une réponse radicale : la résistance. Celle qui a réussi à éradiquer nazisme et autres barbaries. Celle qui impose à chacun de quitter la posture du spectateur plus ou moins inquiet, pour celle de l’acteur de la transformation indispensable des us et coutumes. A cette fin, il affiche et articule sa conviction que le « récit » est le plus puissant des leviers pour sortir de l’inaction. Le récit individuel, le récit collectif, le récit politiquetous les compartiments de nos vies doivent être ré-écrits et re-racontés, dans la perspective d’une nouvelle histoire ou l’épanouissement individuel ne se construit pas contre l’autre, ni dans l’ignorance de la nature. Il suggère de « briser les servages » et de créer de nouvelles « architectures » afin de remplacer les anciennes : celles des législations et des régulations, qui permettent à « une poignée de personnes » d’exercer « leur domination sur une infinité d’autres » ; celles de la « dépendance au salaire et à l‘argent », qui pourrait être allégée par la remise en cause du monopole dont jouissent les Etats pour créer de la monnaie. Plusieurs de ces nouvelles architectures déjà mises en œuvre avec succès sont présentées, accompagnées de neuf principes pour aller « au bout d’une action massive et collective ». Parmi celles – ci « voir grand, mais commencer petit », « user de l’humour » et « choisir la non-violence »…

L’auteur a écrit et co-réalisé en 2015 le film « Demain », documentaire consacré à diverses expérimentations sociales et environnementales à succès.

Patrick BOCCARD

Surveiller et punir

Portrait de Michel Foucault

En 1757, Robert-François Damiens fut condamné au supplice en place de Grève. Devant une foule immense, on le tenailla, l’écartela et le brûla. Les tourments durèrent la journée entière, les seize bourreaux chargés de l’office défaillant tour à tour. Le mal- heureux était encore vivant à l’état de tronc démembré quand il fut jeté au feu. Toutes les parties de son corps se consumèrent jusqu’à disparaître en cendres. Il avait attenté à la vie du roi.

Surveiller et punir commence par ce récit rapporté par les témoins greffiers : détaillé, circonstancié, insoutenable. Cette ordalie d’un régicide se voulait la sanction la plus exemplaire, le spectacle le plus édifiant, la « fête punitive la plus sombre » de l’Ancien Régime. Certes, tous les jugements n’amenaient pas à une telle fin. Les châtiments étaient d’une variété surprenante et quelquefois horrifique : amendes pécuniaires, confiscation, bannissement, relégation, galères, marquage, mutilations, amende honorable, opprobre public, pilori… La prison, quant à elle, était rarement utilisée. Pourquoi ? Parce que jusqu’à la Révolution française, la prison était le symbole de l’arbitraire royal. Lettre de cachet, enfermement extra-judiciaire étaient repoussés par tous les juristes, les anciens comme les réformateurs, comme manifestations des excès du pouvoir souverain et instruments du despotisme. Les cahiers de doléances la rejetaient d’ailleurs comme incompatible avec une bonne justice. Vous lisez bien. Que s’est-il donc passé ?

À la charnière des xviii e et xix e siècles, trois modèles, trois « technologies de pouvoir » s’offrent aux législateurs. Trois institutions les portent. Le souverain – avec un droit monarchique où la punition est un cérémonial de souveraineté, une vengeance publique se voulant terrifiante. Le corps social – dont les juristes réformateurs souhaitent requalifier les individus comme sujets de droit ; la scène de châtiment devant avoir le caractère de l’exemplarité afin d’emporter l’adhésion de la société tout entière, condamné compris. L’appareil administratif – c’est le système carcéral comme technique de coercition, de dressage des individus. Comment donc ce dernier modèle a-t-il fini par être prescrit ?

Au cours de ses travaux de recherche, Foucault a mis en lumière les pratiques et techniques de la société vis-à-vis de certains groupes d’individus – les enfants, les soldats, les fous, etc. – qui posaient problème à celle-ci et dont l’enfermement, l’assujettissement étaient tenus pour la solution. Homosexuel se vivant déviant, s’étant vu prendre pour fou pendant sa jeunesse, profondément malheureux parmi ses condisciples d’école ressentie comme un lieu oppressif et normatif, Foucault s’intéressa aux institutions disciplinaires en général et à l’institution carcérale en particulier. Même s’il rejette la figure de l’écrivain éminent comme le faisait Foucault lui-même, il apparaîtra au lecteur que Surveiller et punir est une œuvre magistrale d’une telle puissance et d’une telle postérité qu’elle ne pourra que changer le regard que l’on porte sur les structures de pouvoir, quelles qu’elles soient. Intuition ? Conviction forgée avant même que d’en démontrer la logique historique, économique et sociologique ? La démonstration de Foucault est en tout cas éclatante, implacable.

De l’ascétisme monastique à l’entraînement mécanique des soldats bien dressés de Frédéric II, en passant par le contrôle des ouvriers dans les ateliers, toutes les institutions à vocation disciplinaire avaient préparé la société à choisir la matrice de l’enfermement comme système de contrôle sur les corps. Pour Foucault, « la discipline est une anatomie politique du pouvoir ». Du couvent à la cellule, de la caserne à la chambrée, de la manufacture à l’atelier, de la salle à l’hôpital, l’encadrement de l’activité et de l’emploi du temps des individus préfigure, prépare et valide la cellule et la prison. C’est parce que les ordres religieux spécialistes du temps, grands techniciens du rythme et des activités régulières, parce que les militaires et les experts de la discipline élaboraient depuis des siècles les procédures de coercition individuelle et collective des corps que la prison s’est « naturellement » imposée au début du xix e siècle. Dans leurs topographies mêmes, « l’école-bâtiment » comme outil de dressage, « l’hôpital-édifice » comme opérateur thérapeutique, « la caserne-campement » comme appareil disciplinaire permettaient à un seul regard de tout voir en permanence ; prémisses du panoptique des frères Bentham. Les inventeurs anglais de cette architecture carcérale permettant de tout observer d’un point central furent d’ailleurs en France distingués par l’Assemblée Constituante. Les députés du temps considérèrent ces visionnaires de la surveillance généralisée comme des bienfaiteurs de l’humanité.

Alors que la prison « n’avait qu’une position restreinte et marginale dans le système des peines », qu’elle servait à s’assurer de quelqu’un avant sa condamnation, pas à le punir, c’est donc pourtant cette règle qui va se généraliser après la Révolution française. L’incarcération sous toutes ses formes, mode étendu de punition, est institutionnalisée en 1810. Concomitamment à la frénésie régulatrice et ordonnancière de l’époque impériale – Code civil, Code pénal, développement des administrations – « le grand édifice carcéral » s’intégrant à l’appareil étatique est programmé à différents niveaux, des salles de police municipales aux maisons centrales en passant par les bagnes.

Sous l’influence des milieux quaker, c’est en Amérique, à Philadelphie, que l’appareil « réformatoire » est mis en place de la façon la plus réfléchie et systématique. Pour l’amendement du condamné et la réinsertion future, on organise l’emploi du temps du prisonnier : solitude censée permettre le retour sur soi, travail à la fois édificateur et économiquement utile à la société, notation de la conduite et observation permanente par les inspecteurs, répartition dans la prison non point tant en fonction des crimes commis que des dispositions à s’amender dont font preuve les détenus. « L’objet des peines n’est pas l’expiation mais la prévention ; on n’efface pas le crime, on transforme le coupable ». Dès lors, plein de bons sentiments et de certitudes opprimantes, le prototype anglo-saxon également expérimenté en Angleterre et en Hollande se banalise dans le monde occidental.

Surveiller et punir, Michel Foucault, 1975, Éditions Gallimard, collection Tel, 360 p., 14 €

Le pilori est supprimé en 1789, la marque en 1832. Le législateur cessait de « faire ressembler les bourreaux à des criminels, les juges à des assassins ». Comme le dit Foucault, « la disparition des supplices, c’est le théâtre de l’expiation qui s’efface ». Si la condamnation tend alors à être la plus publique possible, l’exécution – quelle que soit la sévérité de la sanction – demeurera désormais secrète, au cœur des lieux de privation de liberté, cachée « dans un enfouissement bureaucratique de la peine ». Or le pouvoir total voulu sur l’individu à réformer exclu par définition toute publicité. Impératif de l’ombre. On retombe dans l’ancien système. Dans la prison, les enfermés se retrouvent mis au secret, isolés du corps social.

La prison telle qu’elle existe aujourd’hui, plutôt qu’un lieu de justice, qu’un instrument de formation, qu’une chance pour un nouveau citoyen s’avère un dispositif de vengeance, une machine à broyer, une école du crime. En matière de justice pénale et d’application des peines, tout est à refonder.

Éric Desordre

Quand son corps devient sa prison – Interview de Nadalette La Fonta Six

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he just got up and walked away / il s’est juste levé et a marché au loin

Entretien avec Nadalette La Fonta Six, une rebelle emprisonnée dans son propre corps. Auteur du livre Le Roseau penchant, histoire d’une merveilleuse opération, qui vient de paraître.

Martine Konorski : L’hôpital a été votre prison, pendant de longs mois, c’est ce que vous racontez dans votre livre Le Roseau penchant…

Nadalette La Fonta Six : L’emprisonnement est devenu l’écho familier de ma vie. Récemment, emmurée, embastillée pendant neuf mois – symbolique indéniable – dans un hôpital, je me suis retrouvée paraplégique à la suite d’une opération chirurgicale hasardeuse. Cet emprisonnement, cet état larvaire, sécuritaire et sécurisé, affolant et irréel, je l’ai vécu non plus comme actrice, mais comme spectatrice de ma vie. Après avoir quitté le tout carcéral hospitalier, il m’a fallu ensuite plus de deux ans pour retrouver une vie conditionnelle, semi civile, imparfaitement socialisée, sans autonomie, en liberté surveillée et commencer à penser par moi-même, pour moi-même. Avant. Étais-je libre ? je n’aurai pas l’outrecuidance de dire cela. Je menais la vie des femmes de ma génération, écartelées entre nos désirs contradictoires, les croyances qui nous encombrent, les loyautés que nous nous imposons. Travail, famille, amitiés, culture et réseaux. Cadre certain, restreint. Théâtre en cinq actes pour remplir le vide, ou se frayer chemin. Frénétiquement, certes, mais une frénésie apparemment choisie. Choisie, c’est là toute la différence entre divers emprisonnements, dont je peux témoigner. Course, hyperactivité, combats professionnels, marathons affectifs, voyages incessants, décalages horaires, épuisement, fatigue, obsessions. Mais j’avais le choix dans mes contraintes, le choix des instants, du moment, des rythmes, des mouvements, de sortir, de rentrer, de m’allonger, de courir, de danser, de jouir ou pas. Et ce jour fatidique du 15 octobre 2014, mon corps a baissé les armes devant une scoliose dégénérative gigantesque. J’ai alors dû me soumettre au verdict : sans opération, point de salut. Sans arthrodèse, mon seul horizon à terme serait mes pieds, le corps effondré, le regard fixé sur le sol, comme ces petites dames courbées à l’horizontale, en « promenade » entre leurs murs.

MK : Comment un lieu de santé peut-il devenir un espace quasi carcéral ?

NLFS : Que me proposait-on avec l’arthrodèse ? ce nom barbare n’est autre que celui d’une « cage », à l’intérieur de son propre corps. En effet, ma colonne vertébrale allait être découpée, extrudée, entourée de deux gardes- chiourmes de titane, deux tiges de métal, pour me redresser, me remettre dans le juste alignement, pour annihiler mes zig et mes zag, mes honteuses distorsions, mon anormalité préférée. J’allais avoir en permanence deux tiges de métal pour tuteurs, et hop, on haubane, on tiraille, on redresse, la colonne est allongée, normalisée, et on reboulonne tout cela, des grosses vis bardant le corps comment autant de pointes de crucifixion. Madonna harnachée, mais version gore. Et voilà qui a été fait : une « merveilleuse opération » et un emprisonnement de ma carcasse ! Et puis, l’opération ne s’est pas très bien passée…

MK : Votre capacité à transformer l’accident opératoire, à travers l’écriture est un sursaut de vie surprenant, comment avez-vous fait ?

NLS : Oui. Cet accident opératoire m’a fait basculer dans l’écriture. J’ai eu besoin de témoigner, depuis les souvenirs de l’enfance jusqu’à ma vie de femme d’aujourd’hui. J’ai soudain réalisé comment l’enfance nous dessine, couple et famille dans l’épreuve, handicap, maladie. Le livre que je viens d’écrire n’est pas àmon propos, il parle de vous, de nous, il parle de comment vivre, de l’urgence de vivre sa vie, en liberté, en conscience, la vie à côté de laquelle nous sommes tous passés, probablement, à un moment… Je crois que l’épreuve accélère cette prise de conscience. Je ne détiens nullement une vérité absolue. J’ai juste écrit « Ma » version de mon histoire et de ma libération, avec pourtant déprivation de mes libertés. Une de mes croyances est que rien ne nous arrive par hasard. Je crois au destin, non pas comme une entité toute puissante et menaçante, mais comme un fil directeur de l’acrobatie de la vie, une « belle » possible, offerte par moments. Sans enfance, on se crée la vie qu’on peut. Mon enfance a été maltraitante, à la limite du vide sidéral, enfant prisonnière du non-désir, du non-amour et de l’absence de sens. Le rêve est la première liberté dont on ne peut priver nulle prisonnière, jeune ou moins jeune. Mes parents n’ont pu me couper de mon imaginaire et de la fuite dans la littérature. La paraplégie aujourd’hui ne peut pas m’empêcher de rêver. Mon rêve d’écrire, posé à 18 ans, avait été enseveli par la nécessité de me sécuriser dans une existence sociale et professionnelle intense. Écrire a donc été un bénéfice inattendu de l’épreuve actuelle de mon opération… 40 ans plus tard.

MK : Comment fait-on pour passer de la vie de business woman à la voie de la résilience ?

NLS : Mon destin de femme, c’était de faire d’abord mentir les malheurs de l’enfance et de ne jamais souffrir ou le moins possible, de me protéger. Dans mon enfance, ma devise a toujours été, « même pas mal », pour taire ma douleur, et je suis sortie de l’adolescence vers la vie adulte grâce à cette croyance folle en ma toute-puissance. Ce n’est pas par hasard que j’ai donc choisi la voie de la réussite professionnelle et sociale, m’y enfermant, avec bracelet électronique. On troque une prison pour une autre… jusqu’à comprendre. J’ai fait partie de cette « race de femme dites fortes », que rien ne semblait pouvoir atteindre. Ce n’est pas par hasard que je n’ai pas su entendre les plaintes de mon corps ; le déni permanent de mon ressenti m’a asservie, puis desservie et je suis allée jusqu’à me mettre en danger, avec cette scoliose qui a fini par atteindre 73 degrés. Peut- être que ces étapes étaient nécessaires pour quitter le masque… Par force en 2014, j’ai donc dû lâcher ma résistance physique et mentale inlassable, ma capacité à tout faire, mon temps hyperactif, ma toute-puissance illusoire, qui me semblaient indissociables de moi, de ma vie. J’ai été dépossédée de ma liberté, de ma vie de femme, de mère, d’épouse, de pivot central et d’animatrice. Je n’avais plus de vie professionnelle, sociale, associative, je ne pouvais plus ni lire, ni écrire… Je n’étais plus le conducteur de ma vie. Mais j’ai alors découvert que, aussi douloureux qu’aient été ces pertes et ces renoncements, rien n’entamait ce que je suis vraiment. Au contraire je vivais profondément, malgré l’immobilité imposée, dans l’enfermement de l’hôpital, l’isolement, la solitude. Il me restait à réapprendre l’essentiel. Aujourd’hui, j’apprends à écrire, et à dire, à trouver mon autonomie… Paraplégique, je réapprends concrètement à marcher. Extraordinaire capacité de l’être humain à trouver en lui des ressources qu’il ignore, à une conscience nouvelle, inattendue,à évoluer. C’est différent pour chacun d’entre nous, mais c’est notre capacité à devenir, à rester libre dans sa tête et son cœur, à croire en demain, à ne pas baisser les bras et surtout à imaginer, créer, trouver un sens, à se projeter, à avoir un projet. Cela ne veut pas dire que dans l’épreuve, on échappe aux étapes inéluctables, le choc, le déni, la négociation, la colère, le chagrin puis une forme d’acceptation. C’est là qu’intervient la résilience, cette force de vie, de vivre, qui élabore un sens, fait sortir de l’ornière et du statut odieux de personne asservie, contrainte, de victime… c’est la capacité de résilience qui permet de surmonter l’épreuve quelle qu’elle soit.

MK : La rage de la rebelle que vous êtes vous laisse-t-elle un peu de répit ?

NLFS : Chaque chagrin est réel et nécessaire, on a le droit d’être révolté, triste, en colère. Mais, à un moment, il faut savoir que l’épreuve est, hélas, un enseignement, et on apprend alors à écouter et à lâcher. Lâcher le rêve d’avant, la vie d’avant, ne pas l’oublier puisqu’elle fait partie de soi, mais ne pas pleurer sur le passé ni sur soi. Aujourd’hui, une partie de mon corps reste fortement paralytique, j’ai peu d’équilibre, la marche est incertaine, mais je suis debout. Je sais que je vais trouver autre chose au bout du chemin mais je ne sais pas encore quoi. Que les autres acceptent ou pas mon état, j’apprends à vivre sans eux, ou du moins sans besoin de leur approbation. J’accepte leur compréhension, leur aide, leur amour s’ils le veulent bien, c’est tout. J’ai un regret, j’aimais, danser le rock, mais c’est un rythme trop déséquilibrant pour un corps douloureux et une chute peut être fatale, mais si je suis dans des bras et des mains accueillantes, respectueuses, le rythme est toujours là, le rythme c’est la vie. Et puis, j’avais peur de l’eau, elle est devenue apaisante, portante, nous nous apprivoisons, c’est lent mais nouveau. Je suis obligée d’oublier ma rébellion, pour trouver le répit. Je ne peux plus faire mille choses par jour et je fais des choix qui tiennent compte de moi, au lieu de m’ajuster aux désirs des autres, ou à la convenance sociale. Je me dis que je suis finalement libérée. Mais je rage encore de ne pouvoir prendre mes pieds et sortir seule, libre dans la rue, à ma guise ; passer cet hiver, enfermée chez moi, m’a vidée. Je veux absolument arriver à sortir seule de nouveau… j’aurai mis trois ans à accepter le déambulateur !

MK : Comment être libre dans sa tête et prisonnière de son corps ?

NLFS : Les choses vont bien, songez, d’où je viens ! 59 premières années qui ont été
difficiles mais riches. Et puis je pense à ceux qui m’entourent et qui m’aiment. Je revois mon réveil, emmurée dans mon corps, embastillée pendant neuf mois dans un lit. J’ai changé ma relation à moi-même, en étant obligée de ne plus rechercher la perfection, de ne plus répondre aux attentes convenues, de lâcher la toute puissance, l’obligation de réussir (le gros mot !), je suis forcée aussi de changer ma relation aux autres. Je n’ai plus d’attentes démesurées, à la hauteur de l’exigence que j’avais vis-à-vis de moi ; Les autres sont ce qu’ils sont et je fais avec, ou pas, si cela ne me convient pas. Je n’attends plus, je n’espère plus, je suis contente de ce qui est, et pour ce qui n’est pas, c’est à moi de trouver ma solution. Bizarrement, je me sens libre dans ma tête, inaliénable, libérée d’une certaine dépendance psychologique ou affective, et par conséquent je ne me considère pas comme une victime. Entendons-le bien, j’ai un réel handicap qui m’amène à trouver ses solutions, mais je ne suis pas réduite à mon handicap et à sa prison, et je ne me définis pas comme handicapée. Parfois je demande de l’aide, je n’aime toujours pas demander, car cela me semble discourtois et je crains toujours le rejet, mais je vois bien que c’est parfois nécessaire et j’apprends à le faire : « merci, s’il vous plaît, merci » ! Et quand l’aide n’est pas possible, j’invente un plan B sans état d’âme. Je ne me sens pas frustrée, je suis libre. Mon ego est désormais ailleurs, axé sur l’essentiel… Victime d’un accident opératoire, je ne suis aujourd’hui prisonnière de rien, ni de personne.

Entretien réalisé par Martine Konorski

La fin du monde, c’est quand ?

Extrait du Rebelle(s) numéro 10, septembre/octobre 2017

L’idée même de fin du monde a toujours hanté les habitants de notre planète, depuis les temps les plus reculés de l’espèce humaine, semble-t-il. En ce début de vingt-et-unième siècle, les bientôt 10 milliards d’êtres humains (la fourmilière est prévue pour 2050 !) font figure d’ultimes habitants d’une immense Atlantide aux bords de l’anéantissement gigantesque. L’autodestruction du genre humain est comme programmée depuis de longue date. Les prophètes de malheur habitent chez nous. Rien ne va plus et la roulette du futur tourne à toute vitesse annonçant des catastrophes écologiques, des tremblements de terre et des famines, des glaciations maudites et des désertifications méritant le même adjectif ! Et les oiseaux de Satan tournent comme des charognes au-dessus de ce qui n’est, chantent-ils, que le châtiment divin et final de nos égoïsmes…

Et si la vraie « fin des haricots » de l’ère du Verseau était ailleurs ? Si la bonne date, toujours remise à demain, était aujourd’hui ? S’il importait peu que le terme annoncé du Verseau se situe « aux alentours de l’an 2000 » selon la formule tant de fois utilisée ! Si l’on devait finir par avouer que le cauchemar absolu, avec ses mythes, ses salauds et ses héros, habitait en nos âmes perdues dès notre naissance ? S’il fallait dépasser, voir oublier ici, les avis hallucinés d’Helena Blavatsky, la théosophe allumée, laquelle situait la fin du monde en 1911, d’Edgar Cayse, de Dane Rudhyar, de Carl Gustav Jung même, sans oublier les oracles noirs de Nostradamus ou des Adventistes du septième jour, ou encore les hippies de ma jeunesse qui célébraient, notamment dans Hair, l’ouverture, l’écoute, le rock’n’roll, la drogue, le « Faites l’amour, pas la guerre ! » et la culture psychédélique pour tous.

S’il fallait dépasser toutes les transes de l’Apocalypse et les signaux des soucoupes volantes (ovni) comme les menaces de collision des comètes pour comprendre quelque chose à cette Sainte Trouille gigantesque que nous interrogeons à R.B.L ? Si la fin du monde n’était, au fond, qu’une ancestrale névrose planétaire, ontologique de quelque manière ?

Et l’Apocalypse de Saint Jean ?

Bien sûr, il y a aussi les textes sacrés. En premier lieu la « révélation » (apocalypsis en grec) faite à Jean qui nous révèle le scénario de la fin du monde quand adviendront l’ouverture des tombeaux, la résurrection des morts et le Jugement dernier. Selon les dernières nouvelles des historiens, le texte de Jean aurait été écrit vers 96 après Jésus-Christ. Et si l’on en croit les traditions, et les textes sacrés, Jean aurait eut sa vision à Patmos.

En fait, les visions prophétiques de Jean complètent celles des prophètes Daniel et Ézéchiel de l’Ancien Testament. Et l’Apocalypse est le résultat d’une extase eschatologique de Jean qui entendit derrière lui une voix clamer, ainsi qu’une trompette : « Ta vision, écris-la dans un livre pour l’envoyer aux 7 Églises, à Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, et Laodicée » Ladite apocalypse commence par l’apparition de 7 candélabres d’or entourant comme un Fils d’homme, revêtu d’une longue robe serrée à la taille par une ceinture en or. Cet homme a des cheveux blancs, ses pieds sont « pareils à de l’airain précieux », sa voix fait songer au « mugissement des grandes eaux ». Dans sa main droite, il y a 7 étoiles, et de sa bouche sort une épée effilée à double tranchant, son visage est comme le soleil brillant de tout son éclat. Et Jean tombe aux pieds de ce tableau, comme mort, mais le personnage merveilleux lui dit : « Ne crains rien, c’est moi, le Premier et le Dernier, le Vivant ; j’ai été mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles, détenant la clef de la Mort et de l’Hadès. ».

Plus avant dans le texte suivent des visions prophétiques qui constituent en somme les préliminaires du « grand jour » de Dieu, selon l’expression proposée par la première édition de la Bible oecuménique. Dieu remet à l’Agneau les destinées du monde, L’Agneau brise les sept sceaux. C’est l’annonce que les serviteurs de Dieu seront préservés, puis celle du triomphe des élus au ciel, puis un silence solennel suivant l’ouverture du septième sceau, puis les prières des Saints hâtant l’avènement du Grand Jour. Tout tremble, à grands coups de tonnerre, de voix et d’éclairs. Les 7 Anges aux 7 trompettes sonnent… La première entraîne la consumation d’un tiers de la terre, la deuxième annonce qu’un tiers de la mer devient du sang, la troisième se fait entendre quand tombe du ciel un « grand astre », tel un globe de feu. Au son de la quatrième, le jour perd le tiers de sa clarté, et la nuit de même. Et les visions de Jean s’enchaînent aux sons des dernières trompettes des Anges : à la cinquième un astre tombe sur la terre, provoquant une immense fournaise, à la sixième apparaissent 200 millions de cavaliers effrayants, et menaçants. C’est le signe de l’imminence du châtiment final. Et le son de la septième trompette est semblable au rugissement final du lion quand est consommé le Mystère de Dieu. Toute une cavalcade d’épisodes se suivent et s’entremêlent.

Jean, par exemple, prend « le petit livre ouvert dans la main de l’Ange », et il l’avale. Dans sa bouche, il y a la douceur du miel, mais quand il a mangé l’Apocalypse, ses entrailles sont brûlantes d’amertume. Durant la séquence annoncée par la septième trompette, vingt-quatre vieillards vêtus de robes blanches, assis devant Dieu, se prosternent. On note aussi la vision de la Femme enceinte aux douze étoiles couronnant sa tête et du Dragon à sept têtes et dix cornes qui la combat et veut dévorer son enfant aussitôt né. Mais la Femme met au monde un enfant mâle qui « doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer » (sic). Une certitude : le courroux divin règne pêle-mêle dans l’apocalypse de Jean. Notamment, quand le Dragon transmet son pouvoir à la Bête et que le faux prophète se met au service de ce dernier. Et la Bête a son chiffre symbolique à jamais : c’est le fameux 666 qui fait trembler aujourd’hui encore…

D’un cauchemar à l’autre

Et tout cela s’élargit en une succession de fléaux descendant sur la Terre (cataclysmes, bêtes monstrueuses et faux prophètes), Le tableau géant est vraiment cauchemardesque même si le Verbe de dieu finit par vaincre. Jean ne cesse de nous le faire comprendre : « le temps est proche ».

Avant de châtier Babylone pour l’éternité, Dieu va envoyer chez les impies des séries de fléaux dignes des antiques plaies d’Égypte. Voilà bel et bien l’annonce des temps messianiques, le châtiment de Babylone et celui de Rome sont imminents. La Prostituée est en larmes, l’extermination des nations païennes s’accomplit, les armées du Ciel triomphent. Jean voit un Ange descendre des nuées, tenant à la main la clef de l’Abîme, ainsi qu’une énorme chaîne. Et l’Ange du ciel maîtrise le Dragon, l’antique Serpent qui symbolise Satan, et l’enchaîne pour mille années… Après ce répit, Satan, relâché de sa geôle, s’en va séduire les nations des quatre coins de la planète (Gog et Magog). Le second combat eschatologique est livré et Satan, le séducteur diabolique, jeté dans un étang de soufre embrasé, y retrouvant la Bête et le faux prophète, « et leur supplice durera jour et nuit, pour les siècles des siècles ». Le temps est accompli du Jugement des Nations, triomphe la Jérusalem future, « un ciel nouveau, une terre nouvelle » s’impose. La Jérusalem messianique est victorieuse et préfigure la Jérusalem céleste et l’épilogue de l’Apocalypse de Jean : « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon Ange publier ses révélations concernant les Églises. Je suis le rejeton de la race de David, l’Étoile radieuse du matin ».

Quoi qu’il en soit, l’homme de désir reçoit l’eau de la vie, gratuitement. En vérité, l’Apocalypse de Jean affirme que le retour du Seigneur est proche, pour les siècles des siècles, Dans un style hautement symbolique, elle récapitule l’état des lieux, évoque la confrontation éternelle qui oppose avec une violence inouïe Satan et les puissances ténébreuses du monde et le peuple de Dieu. Elle ne cesse de nous rappeler, au-delà des tribulations décrites, que le vaste combat entre Ombre et Lumière doit ne jamais nous faire oublier l’espérance de la Jérusalem céleste. Dans cet esprit, l’Apocalypse de Jean est à lire, à relire, de bout en bout. Elle est toujours connectée au présent, à l’ici et au maintenant de l’aujourd’hui de l’humanité.

Jean n’est pas le seul

Mais Jean n’est pas le seul à bénéficier de révélations. Le chapitre treize de l’Évangile selon Marc décrit une autre sorte d’apocalypse menaçante qui nous annonce « des guerres et des bruits de guerre » et nous évoque des soulèvements dramatiques de nation contre nation. Elle nous précipite dans « l’abomination de la désolation établie là où elle ne doit pas l’être » et le tout à l’avenant ! Et si l’on est en mal de tremblements de terre et d’horreurs à proclamer ou à amalgamer, on peut aussi se plonger sans discernement dans les apocalypses gnostiques, relire la Pistis Sophia, se perdre dans l’Apocalypse de Pierre ou dans les livres d’Énoch, apprendre par coeur les « écrits apocryphes chrétiens » publiés récemment par « La Pléiade »… Dès lors, on le devine, on le pressent : la fin du monde, c’est peut-être de tout temps. Elle n’a pas besoin de montres à solliciter. Alors, tout bascule. Et il suffit d’analyser un peu notre bel aujourd’hui pour tout comprendre. L’Apocalypse est un mouvement perpétuel, à géométrie variable. C’est la raison pour laquelle nous devons changer notre manière de la voir afin de l’analyser. Changer de lunettes pour en parler ?

Jean-Luc Maxence

Éric Roux, un ministre du culte s’explique

Interview exclusive extraite du Rebelle(s) numéro 4 “Debout les nouvelles religions !” Mai-Juin 2016

MLB : Bonjour Éric, peux-tu te présenter brièvement pour nos lecteurs stp ? 

ER : Bonjour Michael, brièvement… Je suis un homme sympathique, qui gagne à être connu. Et sinon je suis le Président de l’Union des Églises de Scientologie de France, moi-même ministre du Culte de l’Église de Scientologie et appartenant à son clergé depuis presque 25 ans.

MLB : Je t’interroge aujourd’hui au sujet de ton appartenance à l’église de Scientologie. Si j’ose exprimer en une phrase le judaïsme : Écoute Israël (le peuple), Celui qui n’a pas de Nom est pour Tous, Celui qui n’a pas de Nom est UN…. Et que j’ose encore exprimer le Christianisme en citant Jésus : « Aimez-vous les uns les autres ! », pourrais-tu nous exprimer, à ton tour et en quelques phrases, le principe fondamental qui anime et célèbre votre religion ?

ER : Il serait très difficile et présomptueux de vouloir résumer une philosophie religieuse développée dans des centaines de milliers de pages en une ou deux phrases. Mais je peux te citer le fondateur de la Scientologie, qui en 1964 disait : « La Scientologie contient les réponses concernant la vie et la mort, et elle est fière d’apporter exactement ce qu’elle promet à tous ceux qui désirent suivre cette voie correctement » et en 1965 : « Existe-t-il des états plus élevés et plus heureux ? Ceux-ci sont tout l’horizon de la scientologie et ce qu’elle a réalisé. Nous ne cherchons pas à faire du fou un être sain d’esprit. Nous cherchons à faire d’un homme un être plus noble. (…) Dès que l’on a commencé à monter, on n’a plus envie d’arrêter. Le parfum de la liberté et son indiscutable réalité, après tout ce temps, sont trop forts. » La Scientologie est une voie vers la liberté personnelle et spirituelle, et cette liberté est divine, et mène à la compréhension bienveillante, de soi, de l’autre, et de l’univers qui nous entoure.

MLB : Qui ou qu’est ce qui t’a « séduit », intéressé, dans cette religion ?

ER : Son côté « pratique », le fait qu’elle contient des techniques simples, claires et efficaces pour progresser sur cette voie, et qu’elle peut être utilisée pour améliorer sa vie et la vie de ceux qui comptent pour nous.

MLB : Qui est LRH ?

ER : Un homme ; un philosophe, et pour moi c’est un génie, qui a dédié sa vie à apporter à l’homme une religion qui peut l’aider à retrouver ses aptitudes, sa liberté et sa bonté fondamentale.

MLB : En ce sens, peut-il et doit-il être considéré comme un prophète ?

ER : Tu fais comme tu veux Michaël J. Certains l’ont fait, comme le Professeur Laburthe-Tolra, professeur émérite et doyen à la Sorbonne. Mais LRH n’a jamais prétendu en être un.

MLB : La Scientologie s’oppose-t-elle, d’une façon ou d’une autre, aux préceptes et aux valeurs des autres religions monothéistes ?

ER : En aucune manière. Bien sûr, cela pourrait être discuté point par point et valeur par valeur. Mais je ne vois aucune opposition de valeurs entre la scientologie et les religions monothéistes.

MLB : En quoi la Scientologie peut-elle être considérée comme nouvelle religion en comparaison à ses prédécesseurs ?

ER : La Scientologie est une religion qui, bien qu’elle ait des accointances avec les religions orientales, se suffit à elle-même et ne « descend » pas d’une autre religion. Elle n’est pas un « courant » d’une foi antérieure. Après, à chacun de répondre à cette question, mais personnellement je pourrais y répondre si tu as trois jours à passer avec moi…

MLB : Qu’apporte-t-elle de plus à celui qui la vit et la pratique, que ce que proposent déjà l’Islam, le Bouddhisme, le Judaïsme… pratiqués avec justesse ? 

ER : Une technologie. Elle possède un vaste ensemble de connaissances pratiques qui permettent de réellement comprendre l’homme, l’esprit et le monde avec justesse, et de répondre aux préoccupations des hommes et des femmes avec des outils simples et efficaces qui permettent de changer ta vie. Elle est d’après moi une science religieuse, avec le mot science utilisé dans son acception « ensemble, système de connaissances sur une matière ». Et ici, la matière, c’est la vie.

MLB : La Scientologie expose dans ses principes fondamentaux, que la vie fait l’objet d’impulsions que vous appelez dynamiques. Elles seraient au nombre de 7, plutôt de 8 pour être exact et c’est sur ce point que j’attire ton attention. Comme des cercles concentriques, autant de différentes dimensions, l’homme vit, survit et avance pour les dépasser et rejoindre le 8, celui de l’infini et de l’Être Suprême. Vous l’appelez aussi la dynamique de Dieu, or tu me disais que très peu d’écrits existent à ce sujet (Dieu/Être Suprême). Est-ce une volonté de LRH qui n’aurait pas pu et voulu écrire sur l’Impénétrable, l’Incommensurable, l’Indéfinissable Être Suprême ?

ER : La vision de LRH était surtout qu’il appartient à chacun de découvrir Dieu par lui-même. Et que le meilleur moyen pour renouer avec sa propre nature divine était de soi-même progresser spirituellement jusqu’au point où la compréhension qu’on a de la vie englobe celle de Dieu.

MLB : Le numéro 3 de RBL étant hors circuit, et la foire aux cons étant terminée, peux-tu nous dire de quel point de vue doit-on se placer pour accuser la Scientologie de dérives sectaires ?

ER : Je ne sais pas ce qu’est une dérive sectaire. Le mot « secte » est employé pour jeter l’opprobre sur des mouvements dont certains aimeraient se débarrasser. Ce n’est ni nouveau, ni intelligent. La Scientologie est une religion jeune et enthousiaste. Et pourtant il y a certainement beaucoup moins de dérives en Scientologie qu’il y en a dans les partis politiques, dans les banques, dans les entreprises ou dans des religions plus anciennes. Quoi qu’il en soit, si des erreurs sont commises en Scientologie, nous travaillons toujours très dur pour y remédier. Mais dans l’ensemble je suis très fier de notre enthousiasme et de l’honnêteté générale qui règne dans les Églises de Scientologie.

MLB : Quelle est l’opinion de la Scientologie sur les autres religions ?

ER : Un grand respect. Nous sommes très attachés à la liberté de croyance et de religion. La religion touche ce que l’homme a de plus précieux : son esprit, sa relation avec une ou des forces supérieures, son espoir de liberté spirituelle. Quelle qu’elle soit, elle doit être respectée et le droit de chacun à croire et pratiquer ce qu’il veut doit être défendu.

MLB : Comme tu le sais, il est malheureusement plus facile de lire des informations diffamatoires au sujet de votre religion que le contraire. Sans vouloir les relayer, que peux-tu nous dire au sujet des « punitions » infligées à ceux qui désobéissent ou qui cumulent des erreurs de parcours. Est-ce une réalité, ou bien encore du caviar avarié pour paparazzi en quête de gros billets ? 

ER : Tu as répondu toi-même à la question. Il y a certes, comme dans toutes les religions, une discipline nécessaire. Et dans les ordres religieux de la scientologie, ceux qui ne peuvent suivre cette discipline auront du mal… Une très faible minorité d’entre eux quittent ces ordres religieux et une minorité encore plus faible en gardent un souvenir amer. Ce sont ceux que les journalistes aiment entendre. En ce qui me concerne, appartenir au clergé de la Scientologie et tenter d’incarner ses valeurs, même et surtout en respectant nos codes de discipline, a toujours été source de bonheur et de fierté. Mais la Scientologie reste un mouvement de liberté, et la discipline n’est là que pour permettre une meilleure entente, un meilleur service pour l’humanité.

Interview de Michaël Lévy-Bencheton