Société(s)

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Les médias sont-ils les complices de DAESH ?

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War while getting coffee - Draft © uptaken
War at coffee – Draft © uptaken

« Daesh : harcèlement, violence, propagande… Le plan de conquête… », « Syrie : Daesh décapite deux femmes pour la première fois », « Les djihadistes de Daesh tuent 120 civils à Kobané », « Syrie : Daesh offre des esclaves sexuelles aux gagnants d’un concours de mémorisation du Coran », « Daesh commet un massacre à Palmyre : récits de survivants », « DAESH. ATTENTAT EN ISÈRE : Une explosion et un homme décapité »… et autres milliers de gros titres de cet acabit marquent notre quotidien médiatique et nous rappellent que le danger est partout, que Charlie c’est toi, c’est moi, que demain, alors que je me rends au travail, j’exploserai peut-être aux couleurs d’un drapeau noir calligraphié en arabe, et que mon fils sera peut-être à mes cotés, lui qui à 8 ans ne connaît même pas encore la différence entre un sikh, un musulman et un terroriste, voire entre un musulman, un chrétien et un athée.

Ce « moi », qui est en danger où qu’il se trouve dans le pays, même dans le fin fond de l’Isère, ce n’est pas moins que 66 millions d’habitants de France, tous visés, potentiellement. La terreur est là, et c’est normal. La décapitation, ça a plutôt tendance à être terrorisant, en plus d’être abject.

La terreur, c’est bien sûr la victoire du terrorisme. Le premier terrorisme, du point de vue de l’histoire du mot, était d’Etat. « La doctrine des partisans de la terreur », la « politique de terreur pratiquée pendant la Révolution », nous dit le dictionnaire du Trésor de la Langue Française. Guillotine à répétition sur les places publiques, jugements et sentences arbitraires et tolérance zéro pour les « traitres » à la révolution avaient valeur pédagogique, la terreur étant considérée comme nécessaire à l’imposition de la liberté au peuple. Robespierre nous le rappelait avec force, intelligence et conviction : « Domptez par la terreur les ennemis de la liberté ; et vous avez raison, comme fondateurs de la République ».

[RETROUVEZ LA SUITE DE CET ARTICLE DANS LE MAGAZINE N°1]

Par Michaël Sens

In gode we trust – en dessous de la ceinture

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Déco étagère grand mère gode

En ce moment, un sujet titille, taraude : celui que nos amis « geeks » appellent le pr0n.
(Pr0n : variante informatique du porno pour placer le mot sans être censuré. Exemple : «il télécharge sans arrêt du pr0n.») La pornographie n’est jamais qu’un miroir grossissant de la société. C’est ce qui va au-delà de l’érotique montrable. C’est l’ineffable, l’obscène. Autant de sujets ou d’images dont les limites se déplacent suivant le temps et l’espace. Impossible d’éviter le pr0n de nos jours…

En Europe, où l’Église a eu longtemps un réel pouvoir sur tout le continent, le blasphème appartenait au domaine de l’obscénité. Quand Sade veut bien cesser de torturer ses personnages pendant cinq minutes, c’est pour leur faire lâcher un chapelet d’imprécations impies. La Religieuse de Diderot, hérésie au siècle des Lumières, a beaucoup perdu de son potentiel érotique et scandaleux à l’aune laïcisée d’un xxie siècle où l’image explicite est de mise, et où les gamins de ma cour d’immeuble ont appris avant moi ce qu’est un « bukkake ».

(Si vous avez plus de dix-huit ans, je vous laisse chercher par vous-même la signification de ce terme, mais si vous avez l’âme sensible, passez votre chemin.)

Bref, la pornographie, c’est quand on touche au tabou. Et c’est donc en cela qu’elle est très révélatrice des relations sociales. Au Japon, où la pire insulte envers un homme, «yarô», signifie homme bestial, non civilisé (pour une femme il s’agit de «busu», soit laideron, tout un pro- gramme), l’obscène se cache dans la pilosité – et aussi quand même un peu dans les parties génitales.

[RETROUVEZ LA SUITE DANS LA VERSION PAPIER DU N°1]

Par Ingrid Dextra