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Editorial n°9 : un débat de civilisation

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Jean-Luc Maxence - avril 2017
Jean-Luc Maxence – avril 2017

Le débat qui est ici mis en pleine lumière n’est pas secondaire, il est axiologique. Dépénaliser l’usage du cannabis ou non demeure une polémique de civilisation, une question de propédeutique, en fait. Il s’agit, au fond, de décider si l’on doit privilégier dans nos pays occidentaux en malaise d’identité la sanction qui rassure et clive, l’interdit sans recours, seuil pervers et incitatif menant à la délinquance la plus barbare. Faut-il, oui ou non, dans nos banlieues folles rendre à la Loi stricte, au judiciaire et au pénal régalien les pleins pouvoirs ?

Faut-il occuper à nouveau une place de censeur, de gendarme tout-puissant, plus ou moins borné à force de vouloir revenir à nos bonnes vieilles valeurs d’antan qui n’empêchaient ni les contradictions éthiques ni les addictions ravageuses ? Faut-il opter pour la condamnation quelque peu aveugle et si rassurante de notre bourgeoisie bornée ou prôner l’accompagnement psychologique et éducatif tout entier mis au service d’un renforcement de l’amour fraternel circulant entre les habitants du monde avides de sens.

Écrase-moi ce joint pécheur qui trop souvent enfume tes névroses d’angoisse et les noie dans un plaisir furtif comme un analgésique provisoire ou attends-toi à subir la surveillance policière, à jamais idiote, d’un Comité de probation fantoche, fonctionnarisé à l’extrême et parfaitement inutile ! Casse la gueule même au petit dealer poussif et malheureux qui se fait avoir comme un bleu chez son fournisseur du dessus, celui qui nage tel un poisson commerçant dans la mafia du show-business capitaliste.

C’est vrai ; j’ai changé d’avis ! Après plus de vingt ans d’Aides aux toxicomanes1, vingt ans et plus d’amour pour autrui et d’exercice passionné d’un métier de thérapeute errant pour jeunesse paumée, j’ai retourné sciemment ma veste, et, sur le tard, me voilà conseillant une dépénalisation des fumeurs de joints. Cette parade risque de surprendre mes modèles d’autrefois, mes collègues toubibs qui prenaient trop souvent une lourde prescription de pharmacie pour un médicament magique. On appelait cela, au siècle dernier, La défonce médicamenteuse2.

Alors, bien sûr, si je n’ai pas oublié le bon vieux catéchisme de l’intervenant en toxicomanie, je sais aussi que, sur un terrain psychologique fragile, une assuétude aux joints peut démultiplier les effets d’une psychose. Je n’ai pas oublié que, même si le phénomène d’ascenseur n’existe pas, de facto, entre ce
que nous appelions drogues douces et drogues dures, il n’empêche que l’abus des stupéfiants abrutit, déglingue ou tue, ou rend zombies des bandes entières de jeunes, garanties alors impuissantes et inaptes à toutes formes de révolutions salvatrices.

Être rebelle, au bout du compte, c’est, aussi, brandir la compréhension du pédagogue contre le réflexe d’emprisonnement du Flic-Roi, c’est afficher la souplesse tranquille de l’échange fraternel contre le laxisme mou de l’uniformité érigée en idéal permettant aux puissants de mieux rendre servile l’ensemble des citoyens.

Le nouveau Président de la République, récemment élu au suffrage universel, saura-t-il, en dépit de ses origines politiques (la Haute Finance), dépénaliser le cannabis tout en le rendant, grâce à une communication adaptée, peu attrayant ? Osera-t-il passer de la sanction comme philosophie, inopérante certes, mais rassurante pour ses électeurs, à une pédagogie préventive négligeant les sirènes molles de la publicité indécise et interminable, donc lucrative, évoquant tout à la fois, pour la galerie et la bonne conscience, l’usage banalisé et l’abstinence forcée par peur du gendarme ? Toute prévention réussie recommande toujours l’intelligence et chasse l’ambiguïté des messages d’État. Comme disait l’Autre ;
« Que ton OUI soit OUI, que ton NON soit NON ». Évangélique ou pas, voilà bien le bon plan.

par Jean-Luc Maxence

Rebelle(s) Mag n°9 : Le cannabis, dépénalisation, oui ou non ?

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Le Rebelle(s) Mag n°9 de Mai à Aout 2017 est en train d’arriver en kiosques, points presse et librairies !

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Le dossier : Le cannabis, dépénalisation oui ou non ?

  • Entretien avec Nicolaï D.
  • Interview d’Arthur Choisnet
  • Interview d’Alex Shu
  • L’État complice d’une société abrutie de joints qui ne fera pas la révolution
  • Drogues, suicide et Code pénal
  • Cannabis et point de vue de toxicothérapeute
  • Les méga dealers de l’industrie pharmaceutique
  • Contrepoint
  • Le monde du Pharmakon
  • La camisole chimique menace les Français
  • Pourquoi faut-il demander la dépénalisation immédiate ?

     

    La couverture de Rebelle(s) Mag n°9

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    Photo de couverture n°9 © Pascal Yuan – Studio Photo Uptaken

    Le sommaire

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    Les collaborateurs du n° 9

    Bad Lossa, Michaël Lévy-Bencheton, Jonathan Lévy-Bencheton, Patrick Boccard, Arthur Choiset, Denise Faure, Antoine Fratini, Martine Konorski, Patrick Lamarque, Jean-Luc Maxence, Eric Roux, Michaël Sens, Alex Shu, Frédéric Vincent.

Rebelle(s) Mag n°8 : Le réenchantement du corps

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Le Rebelle(s) Mag n°8 de mars-avril 2017 arrive en kiosques, points presse et librairies !

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Le dossier : Le réenchantement du corps

  • Faut-il se rebeller contre le culte du corps ?
  • Histoire du corps en sciences humaines
  • À corps perdu
  • Corrida, le corps sacrificiel
  • À qui est le corps ?
  • Interview exclusive de Michel Maffesoli
  • Le corps augmenté et l’âme réduite…
  • Le retour de Dionysos
  • Un corps dans mon corps
  • Le « Promethée moderne »
  • Corps et beauté…
  • Corps et psychanalyse
  • IVG ou le meurtre du corps à venir

La couverture de Rebelle(s) Mag n°8

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Photo de couverture n°8 © Pascal Yuan – Studio Photo Uptaken

Le sommaire

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Les collaborateurs du n° 8

Stéphane de Bona, Michaël Lévy-Bencheton, Jonathan Lévy-Bencheton, Patrick Boccard, Danny-Marc, Giovanni Dotoli, Antoine Fratini, Virginie Junkar Martine Konorski, Patrick Lamarque, Robert Liris, Michel Maffesoli, Mannick, Jean-Luc Maxence, Eric Roux, Michaël Sens, Frédéric Vincent.

Edito n°7 : Nous prenons un virage

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Jean-Luc Maxence 2016 ©photo : Pascal Yuan
Jean-Luc Maxence 2016

Il y a sept jours dans la semaine, sept astres gouvernant le zodiaque, sept notes de musique, sept couleurs de l’arc-en-ciel, sept péchés capitaux et sept numéros de R.B.L désormais ! Que de chemins parcourus depuis novembre 2015, quand, à la suite d’une rencontre fortuite avec le sociologue Frédéric Vincent et l’écrivain Christophe Diard, je décidais de créer, avec mon épouse Danny-Marc, un bimensuel volontairement « bousculant » et indépendant jusqu’à l’élan libertaire parfois.

L’ours a pas mal changé depuis lors. On appelle « ours », dans le journalisme, le fronton des collaborateurs indiqué généralement dès les premières pages du journal. Est-ce pas souci exacerbé de perfection ? Après tout, dans la littérature occulte, le 7 est le chiffre de la perfection, envers et contre tout. De toute façon, il faut du temps, de l’écart, du recul, pour ausculter juste une aventure éditoriale. Le temps parlera, il est seul juge comme toujours.

Ici et maintenant, ce qui est en question c’est la fonction même de Président de la République. Et la parole de R.B.L est libre, libre même d’être espiègle, insolente, sans étiquette qui rassure, dominée par l’idée farouche d’une insolence spontanée qui fonde les idées véritablement neuves. Nous ne sommes pas des grenouilles de Presse voulant se faire plus grosses que les bœufs en kiosque et nous aimons l’adage de Musset : « mon verre est petit mais je bois dans mon verre ».

Sommes-nous alors une chapelle, une cathédrale, un Temple, une loge élargie, un Parti clandestin ? ? Nous sommes davantage un collectif de journalistes à mentalité mystique, mouches sachant écrire, incorrigibles sentimentaux, philosophes habillés en Gavroche et s’occupant d’idées pour tenter d’améliorer le sort des exploités du monde, témoignant des carences manifestes de
« nos » politiques satisfaits d’eux-mêmes trop souvent. Nous incarnons sans vergogne le thème de la rébellion contre les carences évidentes d’une société française plus soucieuse de son nombril que de ses possibilités d’améliorer le sort des Hommes. La direction générale prise par R.B.L n’est pas exclusivement sous-tendue par des préoccupations culturelles ou littéraires. En quelque sorte, nous sommes un organe de presse politique au sens noble de l’adjectif.

Les paradoxes que nous revendiquons ? Il suffit de citer les thèmes traités dans nos sept premières livraisons pour mieux comprendre notre état d’esprit : « Star Wars et les signes des temps », « Liberté et sécurité, un couple infernal », « La foire aux cons : c’est maintenant ! », « Debout les nouvelles religions ! », « La débandade », « Quel bordel pour demain ? », « Un Président, ça sert à quoi ? »… En somme, aucune provocation ne nous fait reculer dans la mesure où elle nous permet de « lever le voile » sur les dilemmes chauds de notre société française malade, selon nous.

Nous pouvons bien entendu nous tromper, soit en étant trop pessimiste sur notre démocratie, soit en négligeant l’importance, dans notre hexagone en déclin, de l’affairisme ambiant. Mais nous ne céderons jamais sur notre indépendance profonde. C’est elle qui nous donne l’orgueil secret d’être et de nous battre pour quelque chose. Nous faciliterons sans relâche les rébellions servant à faire réagir notre pays et tous ceux qui le gouvernent dans un souci constant d’améliorer les conditions du peuple et la clairvoyance des dirigeants.

Buvons à la santé de nos lecteurs, il en restera toujours quelques sourires courageux de plus. Soyons mousquetaires, Don Quichotte ou chevaliers en éternel Graal.

 Jean-Luc Maxence

Rebelle(s) Mag n°7 : Un président ça sert à quoi ?

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Le Rebelle(s) Mag n°7 de janvier-février 2017 est en kiosques, points presse, librairies !

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Le dossier : Un président ça sert à quoi ?

  • Comment rhabiller le monarque de la République ?
  • À la veille des Présidentielles, faut-il se rebeller contre les économistes ?
  • Le président, c’est celui qui doit obéir ?
  • Président écrivain… L’écriture au service du pouvoir
  • Pourquoi l’Amérique et le monde se sont Trumpés ?
  • Monsieur le Président
  • « Les crânes d’œuf » : destins croisés vers la sortie
  • À quoi peut encore servir un Président ?

La couverture de Rebelle(s) Mag n°7

Photo de couverture : Pascal Yuan – Studio Photo Uptaken
Photo de couverture : Pascal Yuan – Studio Photo Uptaken

 

Le sommaire

Sommaire Rebelle(s) Mag n°7

 

Les collaborateurs du n° 7

Joëlle Alpérine, Michaël Lévy Bencheton, Jonathan Lévy-Bencheton, Bilor, Patrick Boccard, Maurice Cury, Joseph Daniel, Danny-Marc, Alexandre Folman, Martine-Gabrielle Konorski, Patrick Lamarque, Laurent Mauduit, Jean-Luc Maxence, François Naudy, Michaël Sens, Pascal Therme, Frédéric Vincent.

Bonne lecture !

La rédaction