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Soleil vert – La planète a connu pire? Pas nous

Soleil vert (1973) – film d'anticipation de Richard Fleischer d'après Harry Harrison, avec Charlton Heston et Edward G. Robinson. Metro-Goldwyn-Mayer

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Soleil vert n’est pas un film de SF. Soleil vert est un film policier.

Il n’y a ni science, ni fiction dans Soleil vert. Il y a un cadavre, pas très net ni tout jeune, un flic douteux et baraqué, un vieillard râleur et humaniste et une jolie fille oubliée qui fait de la figuration. Au propre comme au figuré car les jolies filles de 2022 font partie des meubles et passent d’un puissant à l’autre, au gré des changements de locataires des rares appartements grand luxe d’un New-York violent et surpeuplé de 44 millions d’habitants miséreux.

La canicule règne en 2022, comme on peut projeter qu’elle régnera d’ici cinq ans, sans trop peur de se tromper. Le réchauffement climatique – périphrase permettant aux Diafoirus de Wall Street, à leurs lobbyistes de Washington et aux élus affidés de mettre en doute les effets de l’activité humaine sur la Terre – n’est pas commenté, encore moins expliqué dans cette histoire. Mais le réchauffement est là, et tout le film est poisseux et plein de poussière, poussière qu’on retrouvera d’ailleurs omniprésente dans un opus récent et tout aussi apocalyptique, « Interstellar ».

La révélation de la fin du film, résultat de l’enquête policière musclée et pleine de baffes réjouissantes, n’est pas aussi terrifiante qu’à l’époque de sa sortie, alors qu’on parle aujourd’hui de généraliser les aliments alternatifs à base d’insectes et de steacks hachés montés à l’imprimante 3D. Après tout, le recyclage des protéines humaines existe déjà en plusieurs endroits du monde. Simplement, le cycle du crabe du Nordeste brésilien n’a pas besoin d’usine pour transformer la chair humaine en nourriture pour les humains, en Soleil vert – Trade Mark.

Soleil vert tient la rampe, après ces plus de quarante ans de réchauffement climatique. On le revoit avec plaisir, c’est à dire avec effroi. Pas de happy end. Plutôt le contraire. Acteurs sobres, à part un ou deux second rôles cauteleux et lâches bien comme il faut.

Comme on le voit, rien n’a changé. Filles exploitées, flics violents, politiciens véreux, pollution jaunasse et bouffe discutable. Il ne s’agit plus d’anticipation, on n’anticipe pas ce qui ne change pas. La planète a connu pire ? Pas nous.

Rien de nouveau sous le soleil vert.

Eric Desordre

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